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Sondage: 40% des Français opposés à un aéroport à Notre-Dame-des-Landes

Des manifestants opposés à l'aéroport.

Des manifestants opposés à l'aéroport. - FRED TANNEAU / AFP

Abandon du dossier ou construction? Le sort de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera tranché fin janvier et le rapport des médiateurs vient de tomber sur le bureau du Premier ministre. Ce mercredi, notre sondage Elabe "L'Opinion en direct" montre qu'une majorité relative de Français s'opposent au projet.

L'idée de construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes en Loire-Atlantique est décidément un feuilleton des plus complexes. Envisagé pour la première fois en 1963, le destin de ce projet doit être démêlé fin janvier et ce mercredi les médiateurs ont rendu leur rapport au chef du gouvernement Edouard Philippe. Et celui-ci va devoir prendre en considération une opinion publique très partagée mais où une majorité relative de 40% donne de la voix pour s'opposer à la construction dans le nouveau sondage Elabe "L'Opinion en direct" pour BFMTV.

40% d'opposants et 27% de partisans à la construction 

Lorsqu'on leur demande ce qu'ils pensent de la décision à prendre après des années d'arguties, 33% restent cependant sans avis sur la question. En outre, 40% se disent opposés au "transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique et donc à la construction d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes". Parmi eux, on distingue 19% de personnes interrogées "très" opposées, et 21% d'interlocuteurs "assez opposés". En face, seuls 27% des Français approuvent le projet, dont 8% se déclarent "très favorables". 

La sociologie de ces réponses donne le paysage suivant. Les cadres, les classes sociales moyennes et les plus de 35 ans sont toujours plus de 40% à se montrer hostiles au nouvel aéroport, réduisant à la minorité leurs pairs pensant différemment. Les classes populaires se prononcent à 39%, contre 22%, pour l'abandon du projet. Les plus favorables, en revanche, à la concrétisation du dossier et donc à l'édification de l'aéroport contesté sont les 18-24 ans, avec 41% d'approbation contre 25% de détracteurs. 

Les électorats politiques ne sont pas plus enthousiastes quant à la poursuite des plans, même si aucune majorité écrasante d'opposants n'émerge non plus. 45% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon lors du premier tour de la dernière élection présidentielle sont contre la mise en place d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, et 23% la soutiennent. Les plus hostiles sont ensuite les partisans de Benoît Hamon, avec 44% d'adversaires de la construction et seulement 20% de soutiens, enfin les sympathisants de Marine Le Pen affirment leur opposition pour 43% d'entre eux, et 25% livrent au contraire leur assentiment. Du côté d'Emmanuel Macron et François Fillon, le rapport de forces est plus serré encore. Parmi les soutiens du premier, 35% sont opposés, 38% appuient le projet. Pour les seconds, 38% rejettent et 32% se disent favorables. 

46% des ouvriers bienveillants envers les "zadistes"

Personnages incontournables de la trame politique tissée autour de l'éventualité d'un aéroport dans cette localité de Loire-Atlantique: les "zadistes", ces 200 à 300 personnes qui occupent le terrain afin d'empêcher tout début de bâti. Interrogés à ce sujet également, les sondés sont 40% à exprimer leur sympathie ou leur soutien à ces militants. Dans le détail, 28% penchent pour la sympathie et seulement 12% pour un soutien franc et massif. L'opposition, voire l'hostilité, ne rassemble que 35% de gens, dont 16% se disant "hostiles" aux manifestants sédentaires. A ces deux groupes s'ajoutent 25% d'indifférents. 

Ceux qui témoignent de l'opinion la plus bienveillante au sujet des "zadistes" sont les personnes âgées de moins de 50 ans, qui oscillent entre 40 et 42% de soutien ou de sympathie, les classes moyennes, à 43%, et les ouvriers, à 46%. Les cadres sont eux 42% à dire leur opposition ou leur hostilité aux militants. 

Echantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération. 

Robin Verner