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Servier doit changer d'attitude, prévient Xavier Bertrand

Les laboratoires Servier doivent changer d'attitude dans le dossier du Mediator car leur "totale collaboration" se fait attendre, indique le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol

Les laboratoires Servier doivent changer d'attitude dans le dossier du Mediator car leur "totale collaboration" se fait attendre, indique le ministre de la Santé, Xavier Bertrand. /Photo d'archives/REUTERS/Pascal Rossignol - -

PARIS (Reuters) - Les laboratoires Servier doivent changer d'attitude dans le dossier du Mediator car leur "totale collaboration" se fait...

PARIS (Reuters) - Les laboratoires Servier doivent changer d'attitude dans le dossier du Mediator car leur "totale collaboration" se fait attendre, a déclaré mercredi le ministre de la Santé, Xavier Bertrand.

Des défenseurs de victimes du Mediator ont réclamé lundi l'intervention du gouvernement contre Servier, qu'ils accusent de retarder les procédures judiciaires et les indemnisations.

"Je l'avais dit le premier jour (...): il faut une totale collaboration du groupe Servier", a dit Xavier Bertrand sur i-Télé. "Cette totale collaboration, pour moi, elle se fait attendre. À tous les niveaux."

Le Mediator, un coupe-faim commercialisé comme antidiabétique, est soupçonné d'avoir provoqué 500 à 2.000 décès entre 1976 et 2009, année de son retrait du marché.

Plusieurs centaines de plaintes ont déjà été déposées dans ce dossier et deux informations judiciaires ont été ouvertes le mois dernier pour "tromperie" et "homicides involontaires".

Le groupe Servier s'est déclaré prêt à créer un fonds d'indemnisation doté dans un premier temps de 20 millions d'euros, mais les indemnisations sont soumises à des expertises judiciaires.

Or, une patiente traitée au Mediator a subi une attaque cardiaque il y a quelques jours, juste après une expertise, ce qui a nécessité son placement en coma artificiel.

"Je ne veux pas qu'il y ait de double épreuve pour les patients", a déclaré Xavier Bertrand.

"Je ne veux pas qu'après l'épreuve de la prise du Mediator et de ses conséquences pour nombre d'entre eux, il y ait ensuite ce qui pourrait être apparenté à l'épreuve de l'expertise judiciaire."

"L'expertise est nécessaire mais les conditions de l'expertise doivent être précisées", a-t-il ajouté.

"Sur tous ces sujets, je le dis au groupe Servier: il faut aujourd'hui changer d'attitude. Il faut prendre en compte la situation du Mediator, le nombre de personnes concernées, le drame que cela a constitué pour nombre d'entre elles", a dit le ministre de la Santé.

Jacques Servier, fondateur et président du groupe pharmaceutique mis en cause dans ce dossier, doit être entendu mercredi en fin de journée par la mission d'information de l'Assemblée nationale sur le Mediator et la pharmacovigilance. L'audition se déroulera à huis clos.

Marc Angrand et Laure Bretton, édité par Clément Guillou