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Service minimum dans les écoles: la passe d'armes continue entre le gouvernement et la mairie de Paris

Alors que Jean-Michel Blanquer accuse une nouvelle fois la mairie de Paris d'adopter une posture politique quant à l'accueil des élèves pendant la grève, la municipalité conteste fermement. Emmanuel Grégoire, bras droit d'Anne Hidalgo, dénonce une "obsession" du ministre dans un contexte de campagne pour les municipales.

"Ce qu'il dit est factuellement faux et ça devient une forme d'obession, on comprend qu'il y a sans doute une intention cachée". Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, répond ce vendredi sur BFM Paris aux reproches du gouvernement sur la gestion du service minimum.

Depuis mercredi, le ministre de l'Education critique la mairie de Paris sur la mise en place de ce service minimum. "Je suis obligé d'être pragmatique, je constate que madame Hidalgo fait mieux le service minimum quant il y a des grèves sous des gouvernements qu'elle aime bien que quand c'est sous ce gouvernement", a déclaré sur BFMTV Jean-Michel Blanquer. Faux réplique Emmanuel Grégoire.

"Nous avons mobilisé tous les moyens avec le rectorat, c'est-à-dire avec les services du ministère de l'Education nationale, pour faire en sorte qu'un maximum d'écoles soient ouvertes. Prétendre l'inverse, c'est insulter la maire de Paris, mais on a compris que c'était leur objectif, mais c'est surtout insulter les nombreux professionnels des services publics parisiens, du rectorat, de la préfecture de police, qui sont mobilisés pour limiter les nuisances des grèves"

"Une tentation de faire diversion"

Jeudi, environ 398 écoles sur un peu plus de 652 étaient fermées. La situation s'améliore ce vendredi avec 618 écoles ouvertes, indique la mairie de Paris. Pour la municipalité, la difficulté reste d'acheminer les agents sur place, alors que les transports sont paralysés.

"On a les plus grandes peines à faire venir nos professionnels pour faire fonctionner les écoles correctement, donc le ministre devrait se concentrer sur sa mission, faire en sorte que ce conflit s'arrête et que les gens puissent retourner normalement au travail", tacle Emmanuel Grégoire. 

Outre le bras de fer avec Jean-Michel Blanquer, la mairie de Paris a également été accusée par le secrétaire d'Etat aux transports d'avoir empêché la mise en place d'arrêts supplémentaires de navettes Flixbus dans la capitale, pour faciliter les déplacements. Là aussi, la mairie est catégorique, assurant n'avoir jamais été contactée par le secrétaire d'Etat. 

"J'imagine que la proximité des échéances électorales amène le gouvernement à se mobiliser pour un candidat contre nous (...). C'est manifestement une tentation de faire de la diversion pour ne pas parler du sujet essentiel, c'est qu'il y a un niveau de grévistes record", martèle Emmanuel Grégoire.

Le premier adjoint à la mairie de Paris invite les deux ministre "à se concentrer à leurs missions plutôt qu'à penser aux élections". 

Carole Blanchard avec Barthélémy Bolo