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Ségolène Royal sur le pouvoir d'achat

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Opposition ni sectaire, ni systématique chez l’ancienne rivale de Nicolas Sarkozy, qui reconnait des intérêts à certaines réformes mais pointe toutefois un manque de cohérence globale.

J-J B : Parlons du pouvoir d’achat : rachat des RTT, vous êtes favorable ou non ? Donner la possibilité aux salariés de gagner plus en rachetant ses RTT, est-ce une bonne idée ?

S R : Je pense qu’il faut exercer une opposition non systématique et non sectaire. Donc sur cette annonce je crois que tout ce qui peut aller dans le sens de l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés est une bonne chose. Maintenant, regardons de quoi il s’agit : il s’agit d’une débrouille individuelle c'est-à-dire que face à un problème extrêmement lourd qui est celui de la diminution du pouvoir d’achat, c’est une réforme qui est très marginale.

J-J B : C’était dans votre pacte présidentiel le pouvoir d’achat…

S R : Bien sûr que c’était dans le pacte présidentiel. Ce qui coûte cher en France, c’est le logement, la nourriture et l’énergie. Sur la nourriture, on pourrait sûrement baisser les taxes à condition de prendre des garanties pour que la baisse de la TVA soit bien répercutée sur les prix ; voila une mesure qui concernerait tous les français. Sur la question du logement, j’avais proposé le bouclier logement c'est-à-dire faire en sorte que les français ne dépensent pas plus de 25% de leur salaire dans le logement.

J-J B : Et l’idée avancée par Nicolas Sarkozy qui est d’ailleurs contenue dans le projet de loi de ne demander aux locataires qu’un mois de caution, c’est une bonne ou une mauvaise idée ?

S R : C’est une bonne idée, d’ailleurs c’était aussi dans le pacte présidentiel. Ça devrait déjà être fait. Nous le faisons d’ailleurs dans certaines régions et c’est important, en particulier pour les étudiants.

J-J B : Le Livret A étendu à toutes les banques, l’Europe le demande, qu’en pensez-vous ?

S R : Je pense que c’est une très mauvaise idée. Je pense que tout peut être discuté, négocié, à partir du moment où le livret A permet aussi le financement du logement social, qu’il est intégré dans un circuit de services publics, celui de la poste. Je pense qu’il est assez dangereux de l’étendre aux banques.

J-J B : La Haute Autorité de Santé ouvre le débat pour les maladies de longues durées, on ne rembourserait plus à 100%, en fait le remboursement serait conditionné au revenu…Est-ce que vous êtes d’accord ?
S R : Avant de condamner une proposition je la regarde dans sa cohérence. Qu’il y ait un lien entre les revenus et les remboursements, c’est envisageable. Faut-il remettre en cause le principe de la Sécurité Sociale, l’universalité de la protection sociale ? Moi ça me semble très dangereux, ça me semble totalement incohérent avec, par exemple, ce qui vient d’être fait. Puisque avec les 15 milliards de réformes fiscales, les plus riches ont reçu en moyenne un chèque de remboursement de l’Etat de 50 000 euros. Et aujourd’hui on viendrait dire que finalement il faut conditionner la santé au revenu. La deuxième observation que je ferais c’est que 80% des français font partie de la catégorie moyenne donc il faut voir à quel seuil serait mis le remboursement. Soit il est mis assez bas et ça fait peur car on risque de touche à ce droit universel de la santé. Soit la barre est assez haute, elle touche les 20% les plus riches, et à ce moment là c’est inefficace.

La rédaction-Bourdin & Co