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Sarkozy promet de jouer le jeu des "stress tests" nucléaires

LE NUCLÉAIRE EN FRANCE

LE NUCLÉAIRE EN FRANCE - -

BRUXELLES (Reuters) - Toutes les centrales nucléaires françaises seront soumises aux prochains tests de résistance organisés au niveau européen et si l'une d'entre elles y échoue elle sera fermée, a déclaré vendredi Nicolas Sarkozy.

par Julien Toyer et Emmanuel Jarry

BRUXELLES (Reuters) - Toutes les centrales nucléaires françaises seront soumises aux prochains tests de résistance organisés au niveau européen et si l'une d'entre elles y échoue elle sera fermée, a déclaré vendredi Nicolas Sarkozy.

Lors d'un sommet européen à Bruxelles, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se sont entendus pour mener des "stress tests" communs sur les 143 réacteurs nucléaires en activité sur le continent, afin de réévaluer les normes de sûreté en vigueur à la lumière de l'accident de Fukushima au Japon.

"La Commission européenne établira le cadre des contrôles, les normes des contrôles, les autorités de sûreté nucléaires indépendantes procéderont à ces contrôles, rendront publics ces contrôles, et l'association européenne des régulateurs nucléaires jugera du sérieux ou de l'insuffisance de ces contrôles", a déclaré le chef de l'Etat.

"Tous les tests seront conduits en France, tous les résultats seront publiés et si les tests n'étaient pas concluants, nous en tirerions immédiatement les conséquences et il y a une seule conséquence, c'est la fermeture", a-t-il dit.

Interrogé sur le sort qui pourrait être réservé à la centrale de Fessenheim, en Alsace, la plus ancienne en activité en France et dont les associations anti-nucléaires réclament la fermeture, le président de la République a expliqué que cela dépendrait du résultat des tests.

Il a par ailleurs indiqué que fermer une centrale avant même de conduire les études nécessaires ne serait pas une décision de nature à rassurer la population.

"Si on avait des éléments laissant à penser que Fessenheim est dangereuse, il faudrait la fermer tout de suite (...) Je n'ai aucun de ces éléments sur mon bureau aujourd'hui donc je n'ai pas de raison de prendre cette décision", a-t-il dit.

NORMES STRICTES

Alors que les Européens sont divisés sur le futur du nucléaire en Europe et sur les éléments d'une politique énergétique commune, Nicolas Sarkozy a insisté sur le fait qu'il avait été rappelé à Bruxelles que le "mix" énergétique était de la compétence exclusive des Etats membres.

Dans les conclusions du sommet, les dirigeants des Vingt-Sept appellent à ce que les nouvelles normes de sûreté européennes répondent "aux plus hautes exigences possibles" et que les "stress tests" soient réalisés dès que possible en s'appuyant sur l'expertise disponible, en particulier celle de l'Association des régulateurs d'Europe de l'Ouest (WENRA).

Or la WENRA, créée en 1999 à l'initiative de l'Autorité de sûreté nucléaire française, a adopté en novembre de nouveaux principes encadrant la construction des réacteurs de troisième génération, pour lesquels la France est actuellement leader mondial avec le réacteur EPR développé par Areva.

Lors d'une réunion extraordinaire des ministres européens de l'Energie lundi à Bruxelles, Eric Besson avait déjà estimé qu'il fallait "généraliser les objectifs de sécurité de troisième génération adoptés par WENRA".

"La France s'est déjà dotée avec l'EPR d'un produit dit de troisième génération; donc nous avons donc un certain nombre d'atouts pour parler du nucléaire de l'avenir", a-t-il dit.

Quatre EPR sont en chantier - un en Finlande, un en France et deux en Chine - et Areva négocie la vente d'une vingtaine de réacteurs de ce type en mettant en avant leur sûreté, bâtie sur les retours d'expérience des accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl, ainsi que sur les risques mis en évidence par les attentats du 11 septembre 2001.

Paris espère aussi rassurer ses partenaires européens. Après l'accident de Fukushima, l'Allemagne a suspendu les opérations de sept centrales nucléaires construites avant 1980, l'Italie a décidé un moratoire d'un an sur toute nouvelle centrale et la Bulgarie a gelé un projet de centrale.

Edité par Patrick Vignal