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Sarkozy, le gouvernement, les frondeurs: Aubry balance

Martine Aubry se dit "bien à Lille".

Martine Aubry se dit "bien à Lille". - BFMTV

Martine Aubry trouve Nicolas Sarkozy "ringard" et Alain Juppé "décevant". La maire de Lille regrette les "mesquineries" sur l'éviction des frondeurs et le retour du débat sur le travail du dimanche.

Martine Aubry avait promis qu'elle ne se tairait plus et c'est ce qu'elle a fait, vendredi, lors de sa conférence de presse de rentrée à Lille. Après s'être longuement exprimée sur ses dossiers lillois, la socialiste s'est laissée allée à quelques commentaires acerbes sur des sujets nationaux, en fustigeant une "pensée unique".

Si la maire de Lille assure être "bien à Lille" et vouloir que "François Hollande et Manuel Valls réussissent", elle affiche néanmoins des désaccords profonds.

"Inquiète" sur le financement des collectivités

"Je pense que sur plan économique et social, la politique menée n'est pas celle qui peut nous permettre de sortir de la crise", tacle d'emblée Martine Aubry.

L'ancienne ministre se dit "extrêmement inquiète" pour les collectivités territoriales, dont l'équilibre budgétaire est menacé par la réduction prévue des dotations de l'Etat dès 2015, décidée par souci d'économies.

Le travail du dimanche "ne ramène pas de pouvoir d'achat"

Martine Aubry juge "dramatique" que soit reposé le débat du travail du dimanche: "C'est la négation de ce que je dois penser comme femme politique de gauche". "Jamais le fait d'ouvrir sept jours sur sept n'a ramené de pouvoir d'achat", estime la socialiste, pour qui les seuls endroits où la question se discute sont les zones touristiques.

"Si on considère que l'objectif c'est de consommer, consommer, consommer, ce n'est pas mon modèle", a-t-elle asséné.

"Il y a une demande de débat de fond"

Interrogée sur l'éviction de six députés frondeurs de la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, Martine Aubry a regretté après un silence embarrassé qu'on réponde "par des mesquineries" à une "demande de fond".

Contre une entrée au gouvernement

Au passage, l'ancienne patronne du PS a précisé que tous ses proches avaient refusé d'entrer au gouvernement: "Moi je n'y serais pas allée", a-t-elle ajouté.

Sarkozy "ringard" et Juppé "décevant"

Martine Aubry n'a pas oublié non plus de lancer quelques flèches à l'opposition. Invitée à commenter le retour de Nicolas Sarkozy, elle moque la droite sur les 35 heures: "Ils ne parlent que de ça depuis 16 ans… Pourquoi ils ne l'ont pas annulée cette catastrophe nationale?", a fait mine de s'interroger la maire de Lille. "Nicolas Sarkozy n'a tiré aucune leçon de ses échecs, son discours est le même discours de vieille rengaine des réponses du 20e siècle", a également lancé la socialiste.

"On a l'impression qu'ils n'ont pas vu passer la crise et qu'ils n'ont rien compris (...)Où est-ce qu'on parle de l'économie verte, des nouvelles technologies? Je ne vois rien de tout cela dans le discours de Sarkozy", a-t-elle dit. "J'ai été d'autant plus déçue, et je le dis d'autant plus que je pense que c'est un homme d'Etat, par l'intervention d'Alain Juppé hier (vendredi sur France 2 ndlr) soir", a poursuivi Martine Aubry, décrivant l'ancien Premier ministre comme un "républicain", "qui accepte le débat" et qui "n'est pas de mauvaise foi dès qu'on n'est pas d'accord".

Karine Lambin