BFMTV

Sapin de Noël, Tour de France: les maires écolos sous le feu des critiques

David Doucet, maire de Lyon, et Pierre Hurmic, maire de Bordeaux.

David Doucet, maire de Lyon, et Pierre Hurmic, maire de Bordeaux. - Montage BFMTV / AFP

Grégory Doucet, maire de Lyon, a repeint mercredi le Tour de France en un événement "machiste et polluant", son homologue bordelais, Pierre Hurmic, a quant à lui annoncé jeudi qu'il ne faudrait pas compter sur lui pour installer un sapin de Noël, "un arbre mort", au centre-ville cette année. Ces deux saillies ont rencontré l'indignation d'une grande part de l'échiquier politique.

Pour leur entrée en fonctions, certains maires estampillés Europe-Ecologie-Les Verts semblent s'être choisis d'étonnants épouvantails, au grand dam de la majorité de la classe politique. Mercredi, Grégory Doucet, néo-maire de Lyon, a tempêté contre le Tour de France au cours d'un entretien accordé au Progrès.

Deux maires EELV dans la tourmente

Célébrant à sa manière l'arrivée de l'épreuve cycliste dans sa ville samedi, il a d'abord lancé: "Plusieurs points me dérangent. D'abord, le Tour de France continue à véhiculer une image machiste du sport". Il a ensuite dénoncé un événement selon lui polluant, à la trop lourde "empreinte écologique".

Jeudi, Pierre Hurmic, élu quant à lui à Bordeaux, s'en est pris au sapin de Noël, qu'il a solennellement qualifié d'"arbre mort": "Nous ne mettrons pas des arbres morts sur les places de la ville, notamment sur la place Pey-Berland, vous gardez le souvenir de cet arbre mort que l'on faisait venir tous les ans. C'est pas du tout notre conception de la végétalisation".

Invité sur LCI ce vendredi matin, il a cherché à se défendre:

"Il n’y aura pas cet arbre de Noël mais il y aura beaucoup mieux. Nous voulons animer cette place. Ce n’est pas une politique anti-sapin de Noël, enfin, faut pas sombrer dans la caricature. On a quand même le droit quand on est maire d’une ville de dire qu’on va choisir un type d’animation plus vivant pour cette Place Pey-Berland à l’occasion des fêtes de Noël plutôt que de faire venir à grands frais un arbre coupé."

Colère à droite

C'est peu dire que ces deux sorties ont été balayées de vents contraires dans le monde politique. De l'extrême droite au centre-gauche, voire jusqu'à certains écologistes, en passant par la droite et le MoDem, de nombreuses personnalités y ont vu caricatures et outrances.

Marine Le Pen a réagi sur Twitter ce vendredi: "Le sapin de Noël, 'un arbre mort' pour les Verts?! Ces gens ont un rejet viscéral de tout ce qui fait notre pays, nos traditions, notre culture et chercheront à tout démonter pièce par pièce. Français, réveillez-vous!"

Le député LR Eric Ciotti, élu dans les Alpes-Maritimes, a dit son indignation contre ceux qu'il tient pour de "vrais extrémistes de gauche" en plein "délire": "Les pseudos écolos s’en prennent désormais à l’arbre de Noël sous couvert de sauver la planète, ces vrais extrémistes de gauche s’attaquent naturellement à Noël. Un vrai délire! Le réveil va être douloureux à Bordeaux, Lyon". Il a même conclu par un hashtag reprenant les propos récents d'Eric Dupond-Moretti: "#Ayatollahs verts"

Le président du Conseil régional des Hauts-de-France, ex-LR et présidentiable potentiel, Xavier Bertrand, a pour sa part affirmé: "Appelez-moi vieux monde si vous voulez, mais le sapin de Noël, le Tour de France et toutes ces traditions qui nous unissent seront toujours le ciment d’une société".

La majorité n'en pense pas moins

Élu municipal d'opposition à Bordeaux, Fabien Robert, encarté au MoDem, a d'abord dénoncé la "bêtise" de la proposition de son maire avant de lancer: " C'est l'arbre qui cache la forêt des vrais sujets bordelais... mais mobilisons-nous pour garder notre beau sapin! Signons la pétition ".

L'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls, rallié à la majorité macronienne, devenu depuis conseiller municipal barcelonais, a également jugé bon de commenter la séquence: "A Bordeaux on supprime le sapin de Noël, à Lyon on déteste le Tour de France... ou quand l’idéologie et la bêtise veulent mettre fin à des traditions populaires. Cette écologie politique n’a rien à voir avec la préservation de l’environnement et de la planète".

Des écologistes ulcérés

Lui aussi soutien de la majorité, bien qu'il a quitté sa principale composante "La République en marche" et préside désormais le groupe "Ecologie-Démocratie-Solidarité" à l'Assemblée nationale, le député élu dans le Maine-et-Loire Matthieu Orphelin, a adouci sa critique en la formulant sous la forme d'un conseil: "Chers amis, attention aux mauvais symboles et aux maladresses de communication... Cette polémique sur le sapin écrase les (bonnes) annonces de rentrée du maire de Bordeaux hier. Idem celle sur le Tour de France. Les anti-écolos n'attendent que cela... "

Alignée avec cette analyse sur le fond mais beaucoup moins diplomate dans son expression, l'essayiste Isabelle Saporta, militante écologiste qui avait toutefois préféré rejoindre la liste de Cédric Villani pour la mairie de Paris, par ailleurs compagne de Yannick Jadot, un des leaders d'Europe-Ecologie-Les Verts, a laissé parler sa colère ce vendredi matin sur le plateau des Grandes Gueules de RMC: "Qu’on arrête de faire chier les Français, avec des idées à la con et une par jour! On voudrait passer pour des ayatollah (…) que pour le coup on ne ferait pas autrement. J’ai beau être écolo, je ne me reconnais pas là dedans. Je considère qu’ils sont caricaturaux. (…) Fermez vos gueules et travaillez!"

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV