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Royal fait la leçon au gouvernement sur l'affaire des bébés sans bras

Ségolène Royal sur RTL, le 4 novembre 2018

Ségolène Royal sur RTL, le 4 novembre 2018 - FREDERIC BUKAJLO / SIPA PRESS

L'ancienne ministre de l'Environnement s'est exprimée sur l'affaire dite des "bébés sans bras", et n'a pas été tendre avec le gouvernement qu'elle a jugé "pas à la hauteur".

Invitée du Grand Jury RTL, Le Figaro et LCI ce dimanche, Ségolène Royal s'est exprimée sur l'affaire dite des "bébés sans bras". Ces deux dernières semaines, la découverte de 11 nouveaux cas suspects de bébés nés avec une malformation des membres supérieurs dans l'Ain, après 7 cas recensés précédemment, a relancé les interrogations sur cette anomalie congénitale rare.

"Je pense que sur cette affaire, le gouvernement n’a pas du tout été à la hauteur", a dénoncé l’ancienne ministre de l'Environnement. "D'abord parce qu'il aurait dû lui-même révéler ces faits. La personne qui les a révélés, Emmanuelle Amar, a même été menacée de licenciement." La structure qu'anime la lanceuse d'alerte, le Registre des malformations en Rhône-Alpes, a également été menacée de suppression de subvention, a-t-elle également rappelé, estimant qu'"on a cherché à la faire taire".

"Je n'ai pas été alertée quand j'étais ministre de l’Environnement"

Ségolène Royal a toutefois refusé de mettre personnellement en cause Agnès Buzyn, qui "a réagi, a lancé une nouvelle enquête, ça va dans la bonne direction". Elle a préféré condamner "globalement" le gouvernement, qui aurait tardé à lancer une enquête sur ces enfants, aujourd’hui âgés de 7 à 8 ans.

"Je n’ai pas été alertée quand j’étais ministre de l’Environnement", a-t-elle affirmé. "Mais si j’étais ministre aujourd’hui, les inspecteurs seraient déjà sur place."

“Ce qui m'a beaucoup frappé dans ce mécanisme", a-t-elle ajouté, "c'est que l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, NDLR), n'a jamais été saisie et n'est jamais allée sur place. (Si j’étais encore ministre, NDLR) du jour au lendemain, les inspecteurs de l’Anses auraient été sur place, avec un objectif: prélever des échantillons de terre autour de toutes les maisons où les enfants sont nés avec ce handicap, et faire immédiatement une analyse. Et ça, ça prend 15 jours."

L'hypothèse des pesticides

Pour l’ancienne ministre de l’Environnement, l’usage illégal de pesticides toxiques par les agriculteurs locaux n’est pas à exclure.

"S’il y a une vraie volonté politique de savoir, il faut mandater les meilleurs analystes, les meilleurs services publics et les meilleurs laboratoires, et faire rapidement l’analyse des échantillons prélevés, préconise-t-elle. À ma connaissance, il n’y a pas de pollution industrielle chimique dans le secteur."
Marine Jeannin