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Royal : « Aubry a deux discours sur le Modem »

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Ségolène Royal, candidate comme Martine Aubry à la tête du PS, a accusé la maire de Lille de s'associer avec le Modem localement et de refuser devant le Congrès PS, les alliances nationales.

Invitée mercredi 19 novembre, Ségolène Royal a défendu sa position concernant le Modem, estimant que Martine Aubry est dans une situation « étrange » : « Elle fait alliance à Lille, et si elle est Premier Secrétaire, elle ne fera pas d'alliance au niveau national. Il y a quand même quelque chose de curieux dans cette prise de position. Moi, je n'ai pas de posture de "Congrès", je dis clairement la vérité politique telle que je la sens et telle qu'elle correspond à l'état de la situation aujourd'hui et à l'aspiration des gens. Il y a aujourd'hui 1 électeur sur 3 qui se dit ni de droite ni de gauche, donc ce n'est pas le Modem en tant que tel mais il y a un électorat centriste en tant que tel auquel il faut tendre la main le moment venu pour battre la droite ».

Elle a par la suite souhaité montrer la pertinence de sa stratégie, prenant exemple sur la dernière présidentielle : « J'ai prouvé, par mon comportement politique, ce que je ferai si j'avais cette responsabilité politique à nouveau à l'élection présidentielle. J'ai d'abord rassemblé les gauches avant le premier tour, ce que n'avait pas fait Lionel Jospin puisqu'il n'a pas été au second tour. J'ai eu Christiane Taubira, Jean-Pierre Chevènement, donc une partie des gauches était déjà là dès le premier tour. Le soir du premier tour, j'ai eu la totalité de la gauche : Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, les mouvements altermondialistes, les Verts, nous étions tous rassemblés dans ce front de gauche. Un certain nombre d'électeurs n'avaient pas voté pour Nicolas Sarkozy, ils étaient au centre. Ces électeurs partagent ensuite un certain nombre de valeurs humanistes, la question de l'éducation, de l'impartialité de l'Etat, de l'indépendance de la presse, la lutte contre les déficits... Au nom de quoi faudrait-il les considérer comme au ban de la société politique ? Bien évidemment, à ces électeurs il faudra tendre la main ».

Elle a conclu sur la question en renvoyant de nouveau Martine Aubry à ses contradictions : « Ce qui est plus important, c'est que des leaders politiques n'aient pas des postures de Congrès pour soi-disant paraître plus à gauche et puis localement, quand ils ont des décisions à prendre, aillent chercher le Modem, comme ça a été le cas à Lille. Ca, c'est un problème ».

La rédaction-Bourdin & Co