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Richard Ferrand répond point par point à l'enquête du Monde

Richard Ferrand.

Richard Ferrand. - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Dans un communiqué paru ce mardi après-midi, peu après que Le Monde a publié une enquête à son sujet sur son site internet, Richard Ferrand a effectué une mise au point pour écarter les suspicions de conflit d'intérêt à l'Assemblée nationale et d'arrangements au profit de proches.

Le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand "réfute et condamne tous les soupçons" de l'enquête du journal Le Monde, qui l'accuse mardi de "mélange des genres" entre affaires privées et vie publique.

"Sous couvert de présentation objective de situations, cet article fait des amalgames et laisse place à tous les sous-entendus sans jamais rien démontrer", dénonce Richard Ferrand dans un communiqué. Il poursuit: "Je réfute et condamne tous les soupçons implicites de cet article." Le ministre annonce ensuite son intention de "répondre point par point aux allégations qui sont faites car je n’ai rien ni à cacher ni à craindre de la transparence."

Richard Ferrand s'explique sur son poste de chargé de mission

Alors que l'article paru dans Le Monde mettait en relief, entre autres informations par ailleurs confirmées par BFMTV, le fait que pendant qu'il siégeait au Palais-Bourbon Richard Ferrand avait également exercé la fonction de chargé de mission des Mutuelles de Bretagne, dont il avait été précédemment directeur général. Richard Ferrand s'explique à ce propos dans son communiqué:

"C’est précisément en raison de la bonne gestion des Mutuelles de Bretagne que j’ai dirigée pendant 19 ans que l’Assemblée générale a décidé à l’unanimité, hors ma présence, de me confier une mission auprès de mon successeur, Madame Joëlle Salaün pour que je puisse continuer à apporter mon expertise et ma connaissance de cette entreprise. J’ai accompagné par des réunions de travail régulières mon successeur et le comité de direction dans le développement du projet stratégique arrêté par le CA : par exemple, les investissements dans le secteur dentaire."

Il ajoute ensuite: "J’ai perçu jusqu’à fin 2016 une rémunération de 1.250 euros net par mois." Un montant conforme aux informations du Monde pour une activité qu'il dit avoir déclaré auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. 

Il se défend d'avoir soutenu l'intérêt des mutuelles à l'Assemblée

L'enquête assurait aussi que Richard Ferrand avait "déposé, avec une poignée de députés socialistes" une proposition de loi "visant à permettre aux réseaux mutualistes de réserver à leurs adhérents des prix plus avantageux". Le finistérien s'oppose à présent à cette vision des choses: "Cette proposition a été déposée par le président du groupe SRC et l’ensemble des députés qui le composent, conformément aux engagements de campagne de François Hollande. Si je suis intervenu en Commission et en séance pour défendre les principes de ce texte, je n’ai en revanche pas déposé d’amendement."

Fidèle à la ligne de défense qu'il avait déjà adoptée au moment de s'entretenir avec les journalistes du Monde, il s'insurge alors: "Devais-je m’abstenir de défendre un principe pertinent et dans le sens de l’intérêt général au prétexte que je connais bien le sujet?"

Le ministre répond au sujet de son assistant parlementaire

Mais pourquoi alors a-t-il embauché Hervé Clabon, par ailleurs compagnon de Joëlle Salaün qui lui a succédé en lieu et place aux Mutuelles de Bretagne selon le quotidien du soir, comme son assistant parlementaire sans que ce dernier n'apparaisse dans sa déclaration auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique? "Monsieur Hervé Clabon a été mon collaborateur parlementaire du 3 septembre 2012 au 10 janvier 2014. Or, la déclaration d’intérêt à la HATVP date du 25 janvier 2014, date à laquelle Monsieur Clabon ne travaillait donc plus avec moi et c’est la raison pour laquelle il ne figure pas sur la déclaration", écrit Richard Ferrand.

C'est après le départ d'Hervé Clabon qu'il a décidé d'employer son fils pour le remplacer, affirme-t-il également. La présence de son fils à l'Assemblée nationale à ses côtés avaient été l'un des éléments avancés par le Canard enchaîné dans ce qui est devenu depuis une affaire autour de l'homme politique, l'un des plus proches d'Emmanuel Macron. 

"Je ne suis jamais intervenu pour que mon ex-femme obtienne un contrat"

Une dernier information du Monde, vérifiée par BFMTV, indiquait que l'ex-femme de Richard Ferrand, François Coustal, dont il est divorcé depuis 1994, avait aménagé plusieurs locaux, missionnée par les Mutuelles de Bretagne.

"La première fois que les Mutuelles ont fait appel à ses prestations, c’était en 2002, donc 8 ans après notre divorce. Je ne suis bien évidemment jamais intervenu pour qu’elle obtienne un quelconque contrat – j’observe d’ailleurs qu’aucun élément n’est avancé en ce sens", avance Richard Ferrand. 

Du côté du gouvernement, en tous cas, on n'a pas attendu ces justifications publiques du ministre de la Cohésion des territoires pour être persuadé de sa bonne foi. L'entourage du Premier ministre, Edouard Philippe, a ainsi confié à notre antenne que ce dernier conservait sa "confiance en l'homme politique Richard Ferrand". "Il n'y a rien d'illégal, il faut juste s'expliquer", lui conseillait-on encore. Dont acte. Il reste à voir à présent si ces éléments parviendront à convaincre l'opinion publique. 

R.V. avec AFP