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Ferrand et l'emploi de son fils: "si c'était à refaire, je ne le referais pas"

Richard Ferrand arrivant à l'Elysée le 24 mai.

Richard Ferrand arrivant à l'Elysée le 24 mai. - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Après les révélations du Canard enchaîné, Richard Ferrand a exprimé des regrets au sujet de l'embauche de son fils en tant que collaborateur parlementaire dans le courant de l'année 2014.

"Si c’était à refaire, je ne le referais pas", a posé Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires au micro de France Info ce mercredi. Ces regrets portent sur l'emploi de son fils, entre janvier et mai 2014, comme assistant parlementaire à ses côtés à l'Assemblée nationale où Richard Ferrand était député élu dans le Finistère. Cet élément est l'une des révélations de la dernière édition du Canard enchaîné.

Si Richard Ferrand a insisté sur les ondes publiques sur la réalité du travail de son fils, chargé d'après lui de rédiger la lettre de compte-rendu du député et de tenir le blog de l'homme politique, et sa rémunération au smic, il a tout de même concédé qu'il "y a, aujourd'hui, un rejet total de l'idée qu'un parlementaire puisse embaucher un de ses proches". 

Le cabinet dément les propos qui lui sont attribués

Concomitamment, son entourage a lui aussi essayé de désamorcer une controverse annexe. En effet dans un article publié par France Info ce mercredi, on pouvait lire la réaction suivante attribuée au cabinet du ministre interrogé sur l'emploi du fils de Richard Ferrand au Palais-Bourbon: "Je vous invite à aller faire un tour en Centre-Bretagne. Ce n’est pas simple de trouver un jeune, volontaire, pour travailler cinq mois, qui sait lire et écrire correctement, aller sur internet." 

Autant dire que ces propos commencent déjà à faire parler. En fin d'après-midi, le cabinet de Richard Ferrand a cependant démenti auprès de BFMTV avoir tenu ces propos en "off", les condamne et les dénonce. Le principal intéressé a lui-même réagi sur son site internet.

"Je condamne fermement les propos honteux parus dans un article publié par France Télévisions et qui sont attribués à un membre de mon cabinet. Je m’attache personnellement à vérifier l’exactitude de la citation. Si un membre de mon équipe a effectivement employé de tels mots, des sanctions seront prises immédiatement. Je vis en Centre Bretagne depuis vingt ans, j’en suis fier, et j’y suis profondément attaché, tant au territoire qu’à ses habitant.e.s", a ainsi déclaré Richard Ferrand. 

La réalité des faits démontre d’ailleurs le contraire de ce qu’implique cette citation. Au Conseil général du Finistère, au Conseil régional de Bretagne, puis à l’Assemblée nationale, j’ai toujours eu la chance de bénéficier du travail de collaboratrices et collaborateurs talentueux et dévoués… tous, centre-Bretons.

Mais la polémique soulevée par le Canard enchaîné a un second volet. Selon l'hebdomadaire, les Mutuelles de Bretagne dont Richard Ferrand était à l'époque le directeur général ont, en 2011, choisi des locaux appartenant à une société civile immobilière (ou SCI) dont la gestionnaire n'était autre que sa compagne en vue de l'installation d'un centre de soins à Brest. Auprès de BFMTV, le ministre a expliqué que "c'est parce que c'est le mieux placé et le moins cher qu'il (le local) a été choisi". 

Robin Verner