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Retraites: "Assemblée populaire" de gauche aux abords du Palais Bourbon

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Personnalités politiques, syndicalistes et grévistes se sont relayés sur une estrade disposée ce lundi soir près du Palais-Bourbon pour demander le retrait du projet de réforme des retraites.

Une estrade et des orateurs jusque dans la nuit: une "assemblée populaire" s'est tenue lundi devant le Palais Bourbon, en présence d'élus LFI et PCF, pour demander le "retrait" du projet de réforme des retraites, au moment où les députés débutaient son examen. "Point de retraites à points", "retraites: tous concernés, tous mobilisés", pouvait-on lire sur des banderoles ou pancartes brandies par quelque 300 personnes. 

Des grévistes de l'Opéra à Jérôme Rodriguez 

Les grévistes de l'Opéra de Paris avaient déployé une large banderole blanche, a aussi constaté l'AFP. Une jeune fille portait un coussin en forme de cœur avec les mots "Macron, je te déteste de tout mon cœur". Des "Macron, dégage" ont fusé lors de ce rassemblement bruyant mais sans incident. De nombreuses forces de l'ordre avaient été mobilisées. Il y avait également des gilets jaunes, dont Jérôme Rodriguez, blessé à l'œil lors d'une manifestation fin décembre.

Selon le député insoumis Eric Coquerel, cette réforme qui prévoit l'instauration d'un âge pivot est "une loi illégitime", Emmanuel "Macron ayant dit 'non' au recul de l'âge de départ" lors de sa campagne. Elle est aussi "antidémocratique", en raison notamment de "son calendrier expéditif", et c'est également "une loi de régression civilisationnelle", selon lui. "Avec nos 23.000 amendements, on va les enliser (au gouvernement), on va faire durer ça pendant des semaines, jusqu'à ce que le projet soit retiré", a ajouté l'élu de Seine-Saint-Denis.

"Catastrophe sociale"

Le porte-parole du NPA et ancien candidat à la présidentielle Olivier Besancenot a qualifié la réforme de "catastrophe sociale". Il a souhaité "une généralisation de la grève pour saturer le pays pendant trois jours", pour arriver au retrait du texte. A ses yeux, le fait que le président "Macron n'ait pratiquement pas ouvert la bouche (sur la réforme) depuis début décembre est le signe d'une extraordinaire faiblesse". "Nous devons tenir parce que nous devons les faire partir", a lancé pour sa part l'économiste proche de LFI Frédéric Lordon.

Plusieurs syndicalistes, ainsi que des avocats en grève pour protester contre "le doublement de leur taux de cotisations", ont également pris la parole. Les députés PCF Stéphane Peu et Marie-George Buffet sont venus saluer les manifestants.

R.V. avec AFP