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Réforme des institutions: l'opposition dénonce un texte "antiparlementaire"

André Chassaigne

André Chassaigne - THOMAS SAMSON / AFP

L'opposition estime que le projet de réforme des institutions présenté mercredi par Édouard Philippe aggraverait la crise de la démocratie.

L'exécutif pourrait bien se retrouver sous un feu croisé quant à la réforme des institutions présentée ce mercredi par le Premier ministre Édouard Philippe. Le texte, qui prévoit notamment la baisse de 30% du nombre de parlementaires, l'introduction d'une dose de 15% de proportionnelle à l'Assemblée nationale et la limitation du cumul des mandats dans le temps, est unanimement perçu dans l'opposition comme "antiparlementaire".

"Déconnexion"

Alors que la droite sénatoriale est engagée dans un bras de fer avec Emmanuel Macron pour modifier certains points du texte, Les Républicains ont ainsi fait part de leur désapprobation du projet dans un communiqué:

"Le projet présenté conduit à éloigner encore plus les élus des électeurs (...)", déplore le parti de Laurent Wauquiez. "Cette réforme n'apporte aucune réponse et va nourrir au contraire une double crise: crise de la démocratie avec la coupure des élus; crise des territoires avec des pans entiers de la République qui seront sous-représentés."

Une critique qui s'inscrit logiquement dans l'offensive de longue haleine des Républicains contre Emmanuel Macron et une majorité jugés "déconnectés" des Français.

Le Front national, qui réclame depuis longtemps qu'une dose de proportionnelle soit à nouveau introduite pour l'élection des députés, n'est pas davantage satisfait. "Le bilan de cette réforme qui se devait fondatrice est extrêmement maigre", jugent les députés du FN. "Si peu sur la proportionnelle, rien sur la revalorisation du rôle du Parlement".

"Concentration des pouvoirs"

À gauche, les critiques ne sont pas moins virulentes. Le sénateur socialiste André Vallini dénonce une "réforme d'inspiration bonapartiste", "s'appuyant sur les ressorts habituels de la vieille démagogie antiparlementaire". Le projet, "parachevé" en 2019 selon le gouvernement, illustre selon l'élu "la volonté de l'exécutif de réduire les contre-pouvoirs et les corps intermédiaires au profit de la haute administration".

Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon condamne quant à lui un "nouvel abaissement du Parlement", et réclame le passage à une VIe République. 

Dans la même veine, le secrétaire général du Parti communiste Pierre Laurent a tancé une réforme destinée selon lui à "renforcer la concentration des pouvoirs autour du seul président et de l'exécutif" et à "réduire les droits du Parlement et le pluralisme politique". La première lecture du texte, prévue avant l'été, promet d'être houleuse.

Louis Nadau avec AFP