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Réactions politiques après la conférence de presse de François Hollande

François Hollande lors de sa conférence de presse mardi 13 novembre à l'Elysée.

François Hollande lors de sa conférence de presse mardi 13 novembre à l'Elysée. - -

Mardi, François Hollande a donné sa première grande conférence de presse, six mois après son élection. Satisfaction pour certains, déception pour d'autres, ce mercredi matin la classe politique réagit après le discours du président.

Pas de virage, mais nombre d'engagements tenus, voici comment François Hollande a démarré mardi sa première grande conférence de presse du quinquennat six mois après son élection, au Palais de l'Elysée devant près de 400 journalistes avec comme prévu un propos liminaire qui a précédé les questions de la presse. Le chef de l'Etat a donné à cette allocution une tonalité très professorale dans le domaine économique, précisant vouloir être jugé « sur la croissance et l'emploi » et sur « l'état de la France dans cinq ans ». Il a également tenu à manifester de nouveau « toute sa confiance » à son Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.
Malmené dans les sondages et confronté à de nombreuses critiques, le président de la République s'est attaché à défendre ses six premiers mois de mandat, entouré de l'ensemble des membres du gouvernement.

« Il a été très habile vis-à-vis de la presse »

Pour Jean-Louis Borloo, président du tout nouveau parti centriste UDI, François Hollande a été « très habile vis à vis de la presse ». « Il a lu que la presse disait qu’il n’avait pas le costume, alors il a voulu montrer qu’il l’avait, note l’ancien ministre de l’Ecologie. Le débit était plus assuré par exemple. Mais sur le fond, il a utilisé les 40 premières minutes pour expliquer qu’ils avaient découvert la crise. Ce qui me touche le plus et c’est une première, c’est qu’un président de la République qui voit le chômage augmenter depuis six mois dit aux Français que ça va encore augmenter pendant un an. Là, j’en suis estomaqué, c’est stupéfiant ».

« Un moment fort de vérité »

Claude Bartolone, président PS de l'Assemblée nationale, a défendu la prestation de François Hollande en qualifiant son discours de « moment très fort de vérité, de volonté et d'unité ». Il a entendu dans les mots du président la « vérité sur la situation du pays et ce besoin de reconstruction économique et sociale que cela exige pour redonner une chance à l'emploi. Volonté d'intervenir sur la construction européenne, sur la maîtrise de la dette, sur le renforcement de nos entreprises pour avoir pour seule préoccupation l'emploi. Unité, c'est ce que j'ai ressenti dans son appel à la représentation nationale, aux forces économiques et sociales ».

« Le changement c’est fini »

Marine Le Pen a fustigé le fond des propos de François Hollande en indiquant que cette conférence de presse pouvait se résumer ainsi : « avec François Hollande, le changement c'est fini ; avec François Hollande, le sarkozysme c'est reparti ». Selon la présidente du Front national, « comme celle de Nicolas Sarkozy avant lui, politique de François Hollande se limite à une application servile des injonctions allemandes et européennes, à une fuite en avant dans l'hyper-austérité, l'explosion du chômage et de la pauvreté. Il a confirmé son abdication devant les puissances d'argent, l'abandon de l'éminente mission de redressement confiée par les Français pour enfiler les habits de petit gouverneur de la province France aux ordres de l'étranger, des technocrates et des banques ».

« Un commentateur, pas de cap… »

Pour le président des députés UMP à l’Assemblée Christian Jacob, le président a déçu, n’étant pas dans le rôle que l’on attend de lui. « On a eu un président de la République commentateur, ni acteur, ni décideur. Pas de cap... Il commenté pendant plus de deux heures l'action du gouvernement, ce n'est pas ce qu'on attend d'un président de la République. Sur l'Europe, le traité a été négocié et signé par Nicolas Sarkozy, sur la compétitivité, tout est reporté à 2014, et la réduction des déficits, il le fait par un matraquage fiscal. Il y aura beaucoup de déception après cette conférence de presse ».

« Le redressement dans la justice ne doit pas rester un mot vain »

Du côté d’Europe Ecologie – Les Verts (EELV), le président n’a pas rassuré. « Les inquiétudes des Françaises et des Français n'auront pas été levées. Le redressement dans la justice ne doit pourtant pas rester un mot vain », a indiqué Eva Joly dans un communiqué. C’est également sur le sujet des gaz de schistes que les écologistes semblent déçus par le président pour qui « il n’y a pas d’addiction aux énergies fossiles ». « On a une addiction claire aux énergies fossiles, répond Barbara Pompili, députée EELV et présidente du groupe à l’Assemblée. On a d’ailleurs pris beaucoup de retard dans notre balance commerciale puisqu’on a 65 milliards d’importation d’hydrocarbures tous les ans. Donc cette addiction, il ne la reconnaît pas, nous on pense qu’elle est réelle et que la politique qui doit être mise en place doit nous désintoxiquer du pétrole ».

T de Dieuleveult avec T. Chupin et agences