BFMTV

Qui est Pacôme Rupin, le député LaREM qui s’oppose au pass sanitaire?

Pacôme Rupin, candidat LREM aux législatives, sur un marché parisien, le 8 juin 2017.

Pacôme Rupin, candidat LREM aux législatives, sur un marché parisien, le 8 juin 2017. - The Light Studios - Alexandre Sitter

Opposant de longue date au pass sanitaire, l'élu de la majorité conteste la position du gouvernement, jugeant l'outil "dangereux" pour les libertés publiques. L'ancien socialiste s'est pourtant illustré comme marcheur de la première heure.

Le député LaREM de Paris ne lâche pas l’affaire. Depuis des mois, Pacôme Rupin conteste avec vigueur l’emploi du pass sanitaire défendu par le gouvernement, un outil qu'il juge “dangereux” pour les libertés publiques.

Mardi soir, les députés ont débuté dans un climat houleux l’examen d’un nouveau projet de loi consacré à la crise du Covid, avec la possibilité de recourir au pass sanitaire jusqu’au 31 juillet. En commission des Lois, Pacôme Rupin avait joué vendredi les trouble-fête en faisant adopter de justesse un amendement qui prévoit de limiter l’utilisation du pass géographiquement, en fonction de l’évolution de l’épidémie.

Selon des sources au sein de LaREM à nos confrères de l'AFP, il est acquis que la majorité reviendra en séance sur cette modification, mais le député veut croire qu'un "encadrement un peu plus strict" du recours au pass sanitaire est envisageable.

Ex-socialiste

Avant de rejoindre LaREM, Pacôme Rupin, 36 ans, originaire de Touraine, était membre du Parti socialiste (PS) depuis 2005. Sur un site intitulé "Mon parcours" et supprimé depuis, il explique s’être engagé en politique après la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002.

Il y défend en 2018 “un progressisme humaniste, pragmatique, européen et écologique qui s’inscrit dans l’héritage de la méthode et des idées de Michel Rocard au Parti Socialiste.” De 2014 à 2020, il est conseiller du 4e arrondissement de Paris, et adjoint au maire de 2014 à 2017.

L’élu devient ensuite un macroniste de la première heure. Dès la création du parti en 2016, il occupe le poste de chargé de la mobilisation, qui couvre la coordination d'actions de terrain et la formation des adhérents.

Il se défend de toute trahison en revendiquant “depuis le début” son indépendance. “En Marche!, c’est l’anti-sectarisme”, déclarait-il à BFMTV.com en juin 2017.

Expérience de startupper

Comme chargé de mobilisation pendant la campagne d’Emmanuel Macron en 2017, il emploie alors des méthodes acquises lors de son expérience entrepreneuriale, qui feront sa réputation. L’ancien startupper a été diplômé de l’ESSEC et de la Chaire Entrepreneuriat social en 2009. Après avoir été chef de cabinet de Jean-Marc Borello, délégué général du Groupe SOS, il rejoint la Pépinière, comme co-fondateur d’une agence de communication et d’un forum de recrutement entre étudiants et start-ups.

Élu député dans la septième circonscription de Paris en 2017, il est aussi membre de la commission des Lois à l’Assemblée nationale, et vice-président du groupe LaREM jusqu’en 2018. Il était aussi coordinateur du groupe à la commission des lois (whip), jusqu’à sa démission en juillet pour… poursuivre sa lutte contre les restrictions sanitaires. Le conseiller d’arrondissement (Paris Centre) venait de s’abstenir sur une partie du projet de loi de sortie de l’état d’urgence sanitaire.

“C'est une atteinte majeure à la liberté d'aller et venir, à la liberté de conscience” s'indignait-il alors en hémicycle. En juillet, Le Point le décrivait comme un “bon élève" en préambule de son interview. “De ces Marcheurs qui n’ont jamais été très enclins а provoquer des remous internes”, écrivait le journal. Pacôme Rupin fait désormais parler de lui avec son combat.

Nina Jackowski