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Que devient Nathalie Kosciusko-Morizet?

Nathalie Kosciusko-Morizet le 10 octobre 2015 à Paris.

Nathalie Kosciusko-Morizet le 10 octobre 2015 à Paris. - JOEL SAGET / AFP

Après sa décision de ne pas briguer à nouveau la présidence du groupe LR au Conseil de Paris, NKM a rejoint un groupe distinct avec cinq autres élus. Mais elle ne compte pas prendre de responsabilités au sein de cette section et est actuellement en retrait de la politique, comme le confie son entourage.

"Parisienne passionnément, libre éperdument". Sur Twitter, la biographie actuelle de Nathalie Kosciusko-Morizet est vide de toute référence à la politique. Un choix loin d'être anodin, puisque l'ex-candidate aux législatives et ancienne présidente du groupe LR au Conseil de Paris a choisi de "prendre du recul", de se mettre en retrait de la vie politique.

Alors qu'elle dirigeait depuis trois ans l'opposition à la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, NKM a renoncé à briguer un second mandat sur fond de "divergences profondes", selon son expression, avec une partie de la droite parisienne. A l'issue aussi de législatives dont la campagne a été particulièrement difficile, dans une circonscription réputée imperdable pour la droite il y a encore quelques mois. Comme l'explique son entourage, joint par BFMTV.com, ce renoncement tient à une "raison physique".

NKM ne souhaitait pas "être assise à côté des barons parisiens qui ont tout fait pour la faire perdre."
"Quand des gens ont voulu vous tuer, vous n’allez pas vous asseoir à côté d’eux", fait valoir un proche de la conseillère. 

Un nouveau groupe

Mercredi soir, Florence Berthout, maire du Ve arrondissement, a donc été élue pour lui succéder au Conseil de Paris. La veille, Nathalie Kosciusko-Morizet a rejoint un groupe de droite distinct de celui des Républicains, qui compte désormais 48 membres. Elle y siège aux côtés de cinq autres élus, dont Marie-Laure Harel, sa porte-parole au moment de la primaire de droite, qui devient la présidente du groupe pour six mois. Fin juin, le chiffre d'une "vingtaine" de membres était évoqué, ils sont finalement six: avec Jérôme Dubus, "marcheur" déclaré, Pierre Auriacombe, Thierry Hodent et Patrick Trémège.

"Plusieurs personnes vont rejoindre le groupe", précise l'entourage de NKM, qui évoque une deuxième vague à la rentrée, après le Congrès du parti.

"Elle est en pleine réflexion"

Comme l'indique le groupe dans un communiqué, il se présente comme une opposition à un "groupe LR soumis aux barons de l'ouest et pétri par des haines recuites". Depuis mardi, NKM ne s'est pas exprimée sur le sujet, et comme le montre le document, elle n'a dans cet organe aucune responsabilité particulière, ni ne prévoit d'en prendre. 

"Elle est en pleine réflexion et ne répond à aucune interview. Elle a eu la chance de faire pendant quinze ans de sa passion son métier, et ça s’est arrêté en l’espace d’un mois, c’est brutal", confie son entourage, qui explique ne pas savoir combien de temps cette "pause bien méritée" durera. 

Une campagne très violente

D'après l'un de ses proches, il n'est d'ailleurs pas exclu que NKM se tourne vers une autre activité que la politique. Pour l'entourage de l'ex-candidate, cette pause s'inscrit aussi en réaction à la violence "inouïe" de la campagne, marquée notamment par son agression lors d'un opération de tractage sur un marché de la capitale. Battue par Gilles Le Gendre, le candidat de la République en marche, NKM affrontait dans la 2ème circonscription Henri Guaino et Jean-Pierre Le Coq, dissidents de droite.

Ce jeudi, son entourage évoque une violence verbale extrême, "qui a dépassé le domaine de la politique", et "des sceaux de vomi quasi-quotidiens, qui continuent aujourd'hui".

"Le fait qu’elle soit une femme a joué. Le fait d’être dirigés par une femme moderne a secoué certains dans leurs idées et leur pensée bien formatée. Ça a participé du phénomène, mais ce n’est pas la raison principale", avance aussi un proche. 

Charlie Vandekerkhove