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PS, UMP, FN: changer de nom pour relancer le parti

Les sigles du PS, de l'UMP et du FN

Les sigles du PS, de l'UMP et du FN - Eric Cabanis, Philippe Huguen, Boris Horvat - AFP

Manuel Valls pose la question du mot "socialiste" au PS, Nicolas Sarkozy veut "tout changer", à commencer par le nom, à l'UMP et Marine Le Pen a ouvert la porte à une autre appellation que le FN. 

PS, UMP, FN: changer de nom pour relancer le parti? Alors que l’opinion publique défie de plus en plus les formations politiques, des responsables des trois grands partis de France ont indiqué au cours des dernières semaines réfléchir à un changement de nom pour leur formation politique. Changer pour quoi faire? Tour d’horizon des motivations des trois grands partis politiques français.

> Le PS: la question idéologique

L’histoire: Le Parti socialiste a été fondé en 1971 au congrès d'Epinay, où François Mitterrand était alors devenu premier secrétaire du parti, avant de gagner l'élection présidentielle dix ans plus tard.

Pourquoi changer? Sur fond de déchirements entre les différentes ailes du parti, le Premier ministre Manuel Valls a proposé dans un entretien à L’Obs de "bâtir une maison commune" de "toutes les forces progressistes", et s'est dit "pourquoi pas" favorable à un changement de nom du Parti socialiste. Déjà entre 2007 et 2011, il avait porté cette idée, jugé déjà le mot "socialisme" "dépassé".

Jeudi matin sur BFMTV, Manuel Valls, décidé de bousculer résolument les lignes à l'approche de la mi-mandat, a appelé la gauche à changer alors qu'elle est au pouvoir: "parce que nous gouvernons, il faut changer".

"Moi, je ne veux pas attendre que la gauche et le PS changent dans l'opposition. C'est quand nous exerçons le pouvoir que nous devons tirer des leçons de cet exercice du pouvoir", a-t-il insisté, en réaffirmant sa volonté affichée de pragmatisme, au risque de chahuter sérieusement plusieurs à gauche. Il a de nouveau appelé de ses voeux une "formation commune des progressistes", considérant que "nous ne pouvons pas continuer ainsi avec des fractures au sein de la gauche".

Le patron du parti, Jean-Christophe Cambadélis, lui a répondu vouloir garder le "beau nom" de parti "socialiste" quand le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a qualifié la proposition de Manuel Valls de "faute".

> L’UMP: du (court) passé faisons table rase

L’histoire: L'Union pour un mouvement populaire est née en 2002, de la fusion entre le Rassemblement pour la république (RPR), Démocratie libérale et une part importante des centristes de l'Union pour la démocratie française (UDF).

Pourquoi changer? C’était la grande annonce de son retour en politique: Nicolas Sarkozy, veut "chambouler" de "fond en comble" l'UMP: "Je vais changer le nom du parti, mettre en place une nouvelle organisation, installer une relève et faire revenir les adhérents et donateurs pour redresser les comptes". Son soutien Nathalie Kosciusko-Morizet appelle aussi ce changement d’identité de ses vœux.

Pour justifier, cette ambition, Nicolas Sarkozy explique qu'il faut reconstruire une machine à gagner pour la droite. Un appareil qui portera la droite en 2017. Accessoirement, l'ex-chef de l'Etat estime qu’en cas de réussite sur ce front, François Fillon et Alain Juppé "ne pourront plus (le) rattraper". 

"Les changements de noms ont toujours un sens et marquent un nouvel élan", explique Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans et à Sciences-Po Paris, à 20Minutes. C’est aussi une façon pour l’UMP de laisser derrière elle le fiasco de l’élection de son président fin 2012 et les affaires, comme Bygmalion, qui la secouent.

> Le FN: changer l’image et élargir la cible

L’histoire: Fondé en 1972, le "Front national pour l'unité française" s'est très vite appelé "Front national", sous la houlette de celui qui reste président d’honneur du parti, Jean-Marie Le Pen. Il a subi de nombreuses scissions et notamment une en 1995 avec le départ de Bruno Mégret et de nombreux "cadres" politiques, mais son nom est resté depuis lors.

Pourquoi changer? C’est un sujet de friction entre le père et la fille. Marine Le Pen, présidente du parti, a déclaré le 18 octobre dernier que la question du changement de nom "mérite d'être posée", et que les militants pourraient être interrogés sur le sujet "d'ici à quelques mois". Avec son numéro 2 Florian Philippot, ils entendent surfer sur les résultats aux municipales, aux européennes puis au sénatoriales, pour changer d'image et élargir leur électorat.

L’objectif avoué est d’attirer ceux qui restent freinés par le nom FN. Cette stratégie est déjà utilisée avec le nom "Rassemblement Bleu Marine (RBM)", utilisé localement depuis les législatives de 2012.

Mais au sein de la formation d'extrême droite, cette question constitue une ligne de partage entre anciens et modernes. Jean-Marie Le Pen, a notamment estimé lundi sur BFMTV qu'un tel changement serait une "trahison des militants qui ont construit le mouvement".

Samuel Auffray avec AFP