BFMTV

Primaire à droite: pourquoi rien n'est joué pour Sarkozy

Après un resserrement dans les sondages à la fin de l'été, Nicolas Sarkozy rechute et se fait à nouveau distancer par Alain Juppé. Malgré un important retard, la primaire n'est pas jouée d'avance, faute de nombreux aléas.

Il ne lui reste que 40 jours pour faire la différence. Une nouvelle enquête d'opinions place l'ancien chef de l'État loin derrière Alain Juppé au premier tour de la primaire, avec une lourde différence de 14 points.

-
- © BFMTV

Mais requinqués par le meeting dimanche au Zénith de Paris devant 6.000 personnes, les Sarkozystes continuent d'y croire. "Partout où il va, il y a beaucoup de monde. Il y a des heures des heures de queue pour la signature de ses livres et des milliers de gens qui viennent le voir dans des coins paumés", affirme le sénateur LR Pierre Charron.

Pourtant, si son entrée en campagne lui avait permis de se rapprocher du maire de Bordeaux dans les sondages à la fin de l'été, l'écart s'est à nouveau creusé.

"La stratégie de campagne semble invalidée. Il y a sans doute un problème de positionnement. Son virage à droite toute sur les questions de sécurité et d'identité a eu pour effet de renforcer le rejet de Nicolas Sarkozy auprès des sympathisants du centre", analyse sur BFMTV Yves-Marie Cann, directeur des études politiques d'Elabe.

"Rattrapable" en fonction de la mobilisation

Malgré cette rechute, "un tel écart, c'est rattrapable", assure Yves-Marie Cann. "40 jours, ça parait court, mais en politique, c'est extrêmement long." D'autant que cette primaire de la droite et du centre est remplie d'incertitudes sur la versatilité et le profil des électeurs: des militants de gauche vont-ils réellement y participer pour alimenter la fronde "Tout sauf Sarkozy"? Car une faible participation profiterait davantage à l'ancien chef de l'État selon le sondage Kantar Sofres-OnePoint.

Les dernières estimations misent sur près de 3 millions d'électeurs les 20 et 27 novembre prochains. "Ce qui signifie qu'un point de suffrage exprimé représente 30.000 électeurs. Cela correspond finalement à très peu de monde", estime le responsable des études politiques d'Elabe.

"Il suffit qu'on ait 100.000, 200.000 voire 300.000 électeurs de plus ou de moins qu'attendu pour bouleverser le rapport de force tel qu'il est mesuré aujourd'hui. Il faut donc être très prudent car les choses peuvent évoluer très fortement dans un sens comme dans l'autre", conclut Yves-Marie Cann.

Convaincre massivement les électeurs de se rendre aux urnes ou impliquer uniquement les militants de droite: l'enjeu du premier débat télévisé ce jeudi est sans doute là.

P. P.