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Présidentielle 2022: Mélenchon ne donnera pas de consigne de vote en cas de duel Macron/Le Pen

Jean-Luc Mélenchon le 14 janvier 2021 à Paris

Jean-Luc Mélenchon le 14 janvier 2021 à Paris - Bertrand GUAY © 2019 AFP

Invité de Dimanche politique sur France 3, le leader de LFI a admis que le chef de l'État et la présidente du RN n'étaient "clairement pas la même chose", répondant ainsi aux critiques de LaREM à son endroit.

Il ne varie pas de sa position de 2017. Ce dimanche sur France 3, le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a indiqué qu'il ne donnerait pas de consigne de vote en cas de duel Macron/Le Pen au second tour de la présidentielle de 2022. Le député des Bouches-du-Rhône a toutefois admis que les deux n'étaient "clairement pas la même chose".

"L'un est d'extrême centre, c'est-à-dire libéral complètement échevelé, très autoritaire. Et l'autre on ne sait pas très bien ce qu'elle veut, car maintenant la voilà repeinte en Européenne très allante, elle dit que l'islam c'est une religion comme les autres, et ce pauvre Darmanin qui dit aussitôt vous êtes trop molle... C'est devenu un objet flou Mme Le Pen, mais nous savons bien qui elle est, c'est l'extrême droite traditionnelle", a développé Jean-Luc Mélenchon sur Dimanche politique.

"Il faut vivre avec son époque!"

Le chef de l'État et la présidente du Rassemblement national ne sont donc "pas pareils" à ses yeux. Beaucoup de ses adversaires, en particulier à La République en marche, lui ont reproché de dresser une équivalence entre les deux.

"Pour autant", a-t-il précisé en faisant allusion à ses électeurs de premier tour à lui, "je ne reprendrai jamais l'initiative de dire 'faites ceci, faites cela'" en cas de duel Macron/Le Pen.

"Parce que les consignes n'ont aucun poids aujourd'hui, il faut vivre avec son époque!", a ajouté l'ancien socialiste qui a d'ores et déjà déclaré, comme Marine Le Pen, sa candidature pour 2022.

Le leader insoumis a nié avoir mis "un signe égal" entre les deux candidats lors du second tour de la présidentielle de 2017, comme il lui est souvent reproché. Il avait alors refusé de donner une consigne à ses électeurs, indiquant simplement que, pour sa part, il irait voter, et pas pour le Front national.

Duel "mis en scène" par Macron

Jean-Luc Mélenchon, qui a précisé avoir recueilli "presque 200 signatures de parrainages d'élus" en vue de sa candidature, a fustigé les sondages "pas sérieux" qui placent "un an avant" l'échéance Emmanuel Macron et Marine Le Pen au coude-à-coude. Selon lui, il s'agit là d'un duel "mis en scène par M. Macron" tandis que Marine Le Pen n'a qu'à "attendre".

Mais avec des électeurs de gauche qui affirment ne vouloir voter ni pour l'un ni pour l'autre, "la situation va se rouvrir et devenir plus volatile, ce qui va rajouter des épisodes au feuilleton", a-t-il prédit.

Le chef de file de LFI dit comprendre la position de ces électeurs. Il l'explique par la répression du mouvement des gilets jaunes et l'évocation par Emmanuel Macron de Philippe Pétain et Charles Maurras, "deux figures de l'antisémitisme et de trahison de la patrie", a-t-il souligné.

Par JP avec AFP