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Présidence de l'UMP: sprint final entre Sarkozy, Le Maire et Mariton

Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton

Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy et Hervé Mariton - Dominique Faget - AFP

Nicolas Sarkozy, Bruno Le Maire et Hervé Mariton - les trois candidats en lice- ont joué leur va-tout pour convaincre les derniers indécis à al veille du scrutin.

Le sprint final est lancé à l’UMP à la veille de l’ouverture du vote (100% électronique) pour la présidence du parti. Et si Hervé Mariton s’entretiendra avec les adhérents ultra-marins via skype, ses opposants Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire ont choisi jeudi de prononcer un dernier grand discours de campagne, respectivement à Nîmes et à Fréjus.

Nicolas Sarkozy pour le "Parti de la France"

Le ton employé de Nicolas Sarkozy s’est durci à Nîmes, mais pas contre ses adversaires du week-end. Dans son viseur: Alain Juppé, François Hollande et l'Europe, dans un discours marqué par la plume d'Henri Guaino, qui a longuement insisté sur la "nation" et "l'identité française".

Après avoir rappelé qu’il était revenu en politique pour "mettre un terme aux divisions indignes de l’UMP", Nicolas Sarkozy a cogné sur Alain Juppé, quitte à renier son projet de "rassembler". Et de défendre l'idée d'un parti où "quand la salle est contente elle applaudit. Quand elle n’est pas contente, elle le dit", en écho aux sifflets qui avaient accompagné Alain Juppé, avec lequel il partageait la tribune à Bordeaux et qui prône l’ouverture au centre

Dans le sud de la France, Nicolas Sarkozy a regretté une République devenue "trop faible" face à une Europe qui veut "régenter le quotidien". Puis contre François Hollande: "Deux ans et demi après, les Français n'en peuvent plus", a-t-il jugé. En clair, l’esprit de Nicolas Sarkozy est tourné déjà vers la primaire à droite pour la présidentielle de 2017, qui devrait se dérouler en 2016. Combatif après plusieurs couacs, Nicolas Sarkozy a été cherché dans leurs derniers retranchements les adhérents UMP qui doivent lui permettre d’obtenir un score important pour asseoir sa légitimité à droite.

"On va montrer à la France ce qu’est la mobilisation des hommes et des femmes qui veulent construire le parti de l’espérance au service de la France", a-t-il lancé à ses partisans. Et de donner peut-être une première indication sur le futur nom qu’il compte donner à sa famille politique, lui qui a promis de tout changer: "Le parti de la France".

Le Maire promet un "second tour"

"Qui l’aurait-dit il y a six mois?" Bruno Le Maire a joué la carte du challenger proche de l'exploit devant ses partisans réunis à Fréjus, des "terres gagnées par le FN" aux dernières municipales. Parti en campagne dès l’été, fort de près de 100 meetings, le député a prédit "une surprise" samedi. Laquelle? Un "second tour". Puis dans la foulée, "nous allons gagner", a-t-il répété dans un style plus modéré que Nicolas Sarkozy. Samedi ce sera pour lui le finish de l’une "des plus belles campagne interne de (sa) famille politique".

Son ambition est d’apporter le "renouveau" à l’UMP en faisant la part belle aux jeunes qui sont "l’avenir" et aux femmes car "l’UMP ne peut plus payer 4 millions d’euros de pénalités par an" pour manquement aux règles de la parité.

Mais l’ancien ministre de l’Agriculture n’a pas pour autant oublié de sortir lui aussi les griffes. Si François Hollande est largement critiqué, son parti avec lui à la présidence ne fera plus la Une des "chroniques judiciaires" et ne multipliera plus les "scandales".

"Je promets la transparence financière. Où sont passées les cotisations des militants ? Vous avez été volés", a-t-il lancé en écho à la délicate situation financière de l’UMP et à l’affaire Bygmalion ou à celle des pénalités infligées à Nicolas Sarkozy après 2012 et réglées par le parti. 

Hervé Mariton joue "la cohérence"

Le député de la Drôme Hervé Mariton est le troisième homme de ce scrutin. "Je porte un message clair depuis le départ. Je reste cohérent, argue-t-il sur BFMTV ce jeudi. Il faut réorganiser l’UMP avec une gouvernance où le président ne sera pas candidat à la présidentielle". Fort du soutien de militants proches ou issus du mouvement de la Manif pour tous – "ils me soutiennent", confirme-t-il sans ambages - Hervé Mariton croit en sa chance après une "campagne sans tête à queue idéologiques", en référence aux annonces de Nicolas Sarkozy face aux membres de Sens Commun à propos de la loi Taubira.

Mais Hervé Mariton joue aussi l’apaisement et prône la protection de la "maison commune". Et l’élu de rappeler que "en 2002, l’UMP a été fondée sur un principe d’unité". Et si "par malheur, (il) ne gagne pas samedi", le député de la Drôme ne fuira pas ses responsabilités et pourrait accompagner le futur président car "ce n’est pas la fin de l’UMP", assure-t-il en opposition à Nicolas Sarkozy. "Je n’ai pas la volonté de faire exploser la maison".

Samuel Auffray