BFMTV

Pourquoi attendre le 1er août pour rendre le masque obligatoire dans les "lieux publics clos"?

Des visiteurs masqués au musée Jacquemart-André de Paris le 26 mai 2020.

Des visiteurs masqués au musée Jacquemart-André de Paris le 26 mai 2020. - STEPHANE DE SAKUTIN

Le masque va devenir obligatoire dans tous les espaces publics clos à partir du 1er août, une mesure qui répond à une demande de nombreux médecins et soignants.

Le chef de l'État a fixé au 1er août prochain l'obligation de porter un masque dans les lieux publics clos. Mais pourquoi attendre deux semaines, alors que médecins et soignants alertent depuis plusieurs jours face à des signaux inquiétants qui pourraient laisser présager d'une reprise de l'épidémie de coronavirus sur le territoire français?

"Cela nécessite d'avoir quelques jours"

"Il y a plusieurs raisons à cela", a répondu le ministre de la Santé ce mardi face à la presse, lors d'un déplacement à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. "D'abord nous faisons confiance à l'esprit de responsabilité des Français. Et dés lors que nous disons au Français que le port du masque est nécessaire, qu'il est indispensable en milieu fermé, les Français vont être extrêmement nombreux à l'appliquer".

"Il faut du temps pour s'approprier une nouvelle doctrine, et donc, le rendre obligatoire dans un certain délai permet cette période d'appropriation", a poursuivi Olivier Véran.

"Il y a ensuite tout le travail de logistique. D'où viennent les masques? Comment s'assurer que les Français en disposent? Nous devons pouvoir répondre à ces questions, et cele nécessite donc d'avoir quelques jours", a affirmé le ministre de la Santé.

Définir les modalités d'application

"Il faut une base réglementaire" pour pouvoir mettre en place cette nouvelle mesure, explique une source au sein de l'exécutif à BFMTV. "Un décret", donc, devrait prochainement être pris par le ministère de la Santé mais celui-ci "n'est pas encore écrit", selon nos informations.

La loi de sortie d’état d’urgence sanitaire, validée jeudi par le Conseil constitutionnel, précise en effet que "le Premier ministre peut, par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la Santé (...) réglementer l'ouverture au public" de certains établissements publics "dans l'intérêt de la santé publique". Le gouvernement devra y définir la liste des établissements où il sera obligatoire de porter le masque.

"Un travail assez rapide de définition" de ces lieux va être réalisé par le gouvernement afin de savoir "de quels lieux publics on parle" et "comment l'obligation s'applique", a indiqué ce mardi Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement sur BFMTV.

Quel contrôle? Quels amendes?

Dans les restaurants, l'exécutif laisse entendre que la règle devrait rester la même qu'aujourd'hui, c'est-à-dire que le port du masque devrait être obligatoire en entrant, en sortant et lors des déplacements au sein de l'établissement. 

Enfin, ce décret devrait également fixer le montant et les modalités de l'amende en cas de non-respect du port du masque. Dans le cas où un client attablé dans un restaurant ne porterait pas de masque, l'amende sera-t-elle alors assénée au client et au restaurateur? Qui sera chargé de contrôler ces infractions?

Avec ce délai de 15 jours, l'exécutif assure aussi vouloir "laisser le temps aux commerçants et restaurateurs de s'organiser". "Certains voudront sûrement faire un petit stock de masques pour en fournir aux clients qui n'en ont pas", précise-t-on au sommet de l'Etat.

Thomas Soulié avec Jeanne Bulant