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Pour Macron, le sommet européen s'est joué à "très très peu"

Emmanuel Macron à Bruxelles le 21 juillet dernier.

Emmanuel Macron à Bruxelles le 21 juillet dernier. - STEPHANIE LECOCQ

Emmanuel Macron a estimé, ce mercredi, que la signature du plan de relance européen s'était joué "à très très peu".

"On aurait pu basculer de l'autre côté de l'Histoire, parfois les choses tiennent à très très peu", a souligné Emmanuel Macron mercredi à propos du sommet européen, en se félicitant de "l'esprit de responsabilité" qui l'a emporté.

Interrogé par des journalistes en marge d'un déplacement au château de Chambord dans le Loir-et-Cher, le chef de l'État a souligné que "à plusieurs reprises", avec la chancelière allemande Angela Merkel, ils avaient quitté la table de négociation où les 27 sont finalement convenus d'un plan de relance de 750 milliards d'euros, financé en partie par des emprunts commun.

"C'était incroyable", a-t-il dit, après ce sommet qui a duré cinq jours.

"Une décision historique qui rend l'Europe plus forte"

Mais "le fait que l'Allemagne, la France et les institutions européennes étaient du même côté" a selon lui fait la différence. "Il y a eu plusieurs moment-clés, de très forte tension, on aurait pu dénaturer nos positions ou simplement ne pas réussir", a-t-il poursuivi.

"On a fini par prendre une décision historique qui rend l'Europe plus forte". "Je crois qu'on ne perçoit pas encore tout ce que cette décision-là porte. Et surtout je pense qu'on a évité que l'Europe ne prenne le chemin d'une forme d'austérité ou de déflation."

Cette menace de déflation, "c'est mon obsession depuis dix ans", a-t-il dit, expliquant que "dans les années 1930 l'Europe s'est divisée et a décidé d'une politique déflationniste".

"On a décidé l'unité, la solidarité, l'avenir et d'investir"

"On a décidé l'unité, la solidarité, l'avenir et d'investir. Je pense que c'est une changement fondamental", a-t-il conclu.

Même si la France est un "contributeur net" au budget européen, elle sera aussi le troisième pays bénéficiaire du plan de relance, a-t-il fait valoir.

"Ceux avec qui j'ai pu avoir des débats un peu vifs, qu'on a appelé les frugaux, sont tous des contributeurs nets". "On a réduit leur contribution nette, mais aucun ne devient bénéficiaire", a-t-il dit, justifiant les rabais obtenus par l'Autriche, les Pays-Bas ou encore le Danemark.

"Et ils sont en pourcentage de leur PIB, plus contributeurs que la France, même après correction", a-t-il insisté."Le plan de relance permet de sortir de cette logique parce que comme on le finance par l'emprunt, on n'est plus tous à regarder: +quel est mon taux de retour?+", a-t-il plaidé, martelant que tous les pays de l'UE, "du plus petit au plus grand, sont des bénéficiaires du marché unique

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV