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Pour Castaner, "il y a des individus racistes dans la police mais la police n'est pas raciste"

Ce vendredi soir, Christophe Castaner est l'invité de notre émission: Ruth Elkrief, le rendez-vous. Au milieu d'une actualité troublée par plusieurs exemples de violences policières, il a été interrogé sur celles commises durant son mandat place Beauvau.

Christophe Castaner, président des députés La République en marche (LaREM), était l'invité ce vendredi soir de Ruth Elkrief, le rendez-vous. C'est dans la salle Colbert qu'il a reçu notre journaliste. Ancien ministre de l'Intérieur, il a notamment été appelé à répondre aux violences commises par des policiers contre le producteur de musique Michel Zecler dans son studio parisien le 21 novembre dernier. Il a étendu son commentaire à la question du racisme dans les rangs des forces de l'ordre.

"Il y a des individus racistes dans la police comme dans la société française, mais la police n’est pas raciste, la police n’est pas violente", a-t-il martelé. "La fonction d’un ministre c’est de dire qu’on ne plaisante pas avec ces sujets qui sont antinomiques avec la fonction de gardien de la République", a-t-il ajouté.

"Mon soutien au ministre de l'Intérieur est total"

Il a insisté: ses prises de position ne sont pas des piques adressées à celui qui lui a succédé place Beauvau. "Je souhaite que Gérald Darmanin réussisse au mieux, parce que c’est indispensable, parce que c’est la sécurité de tous qui est en jeu et je sais que quand on est ministre de l’Intérieur, on n’a pas besoin de peau de banane mais de soutien, et mon soutien au ministre de l’Intérieur est total", a affirmé Christophe Castaner.

Il a de surcroît reconnu que les violences policières n'avaient pas attendu l'entrée en fonctions de Gérald Darmanin. "Moi-même j’ai été confronté à des cas de violences illégitimes, donc ce n’est pas le problème du ministre qui aurait lâché quoi que ce soit", a-t-il dit.

Gilets jaunes: "Je regrette l'ultra-violence venue casser la République"

Durant le mouvement des gilets jaunes, on a d'ailleurs rapporté de nombreuses blessures - ainsi que la mort de Zineb Redouane dans son appartement à Marseille - dont des manifestants éborgnés. Ruth Elkrief a cherché à savoir s'il regrettait ces actes.

Le député, élu dans les Alpes-de-Haute-Provence, a rétorqué: "Je regrette mais je regrette cette ultra-violence qui est venue pour casser la République. Il fallait résister et nos policiers ont résisté à cela". Plus tard, il a tout de même concédé: "Alors oui, je regrette toutes les personnes qui ont été blessées, mais des deux côtés".

Le rôle des syndicats dans les politiques du ministère de l'Intérieur et dans un durcissement policier a parfois été souligné dans le débat public, notamment autour de la rédaction de l'article 24, texte si contesté de la loi sur la sécurité globale et qui doit d'ailleurs être réécrit.

"84% des policiers sont syndiqués, c’est un record historique", a-t-il poursuivi. "Par volonté militante mais aussi on sait que les avancements, les mutations passent aussi par ces échelons-là, ce n’est pas forcément la meilleure façon. Parfois, les patrons d’unité ont du mal à parler avec leur base, notamment à cause de cette présence syndicale, ce sont des sujets sur lesquels il faut faire bouger le ministère. J’ai d’ailleurs eu des interlocuteurs qui voulaient faire bouger cela", a enfin glissé Christophe Castaner.
Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV