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Polanski: pour Riester, une "oeuvre, si grande soit-elle, n'excuse pas les éventuelles fautes de son auteur" 

"Le talent n'est pas une circonstance atténuante; le génie, pas une garantie d'impunité", a souligné le ministre, sans jamais nommer le réalisateur franco-polonais.

Au lendemain de la sortie mouvementée du film J'accuse, réalisé par le réalisateur Roman Polanski, visé par une nouvelle accusation de viol, les réactions des politiques se multiplient.

Après Marlène Schiappa et Sibeth Ndiaye, qui ont assuré qu'elles n'iraient pas voit le long-métrage sans pour autant appeler à son boycott, c'est cette fois le ministre de la Culture Franck Riester qui, dans le cadre des Assises pour la parité, l'égalité et la diversité dans le cinéma et l'audiovisuel organisées par le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée), s'est exprimé à ce sujet. 

"Le talent n'est pas une circonstance atténuante; le génie, pas une garantie d'impunité", a-t-il souligné, sans jamais nommer le réalisateur franco-polonais, tout en mettant en garde contre le "tribunal de l'opinion."

"Briser le silence"

De plus, le ministre a insisté sur les particularités des métiers du 7e art "où le corps et l'intime sont très souvent en jeu, où de jeunes talents ont des envies de réussite, et des personnes en profitent. Où il ne faut pas confondre aura et emprise", tout en assurant de son souci de protéger "la liberté de créer". 

Le ministre avait déjà salué le courage de l'actrice Adèle Haenel, qui a accusé le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements" et de "harcèlement" quand elle était âgée de 12 à 15 ans, sur le tournage de son premier film, relançant ainsi le mouvement #MeToo en France.

Franck Riester a marqué une nouvelle fois jeudi son soutien à "toutes celles qui osent briser le silence". "Votre parole est nécessaire" et n'est "pas vaine".

"Une seule voix, parfois, peut faire toute la différence", a souligné Franck Riester, dont le ministère a été touché par "les agissements innommables de l'un de ses anciens hauts fonctionnaires" qui a humilié des femmes en les poussant à uriner devant lui et en les photographiant. L'homme est poursuivi notamment pour agression sexuelle. 
Hugo Septier avec AFP