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Femmes empoisonnées aux diurétiques: de nouvelles victimes se déclarent après l'enquête de Libération

Le ministère de la Culture, à Paris.

Le ministère de la Culture, à Paris. - Capture d'écran Google Street View

Dans un long article publié le 8 novembre, le quotidien détaillait comment, pendant 9 ans, un ancien recruteur du ministère de la Culture a administré des diurétiques à plus de 200 femmes pour les pousser à uriner devant lui.

L'histoire est à peine croyable: révélée en mai dernier par Le Canard Enchaîné, Libération lui a donné corps vendredi 8 novembre en publiant une longue enquête au contenu glaçant, donnant la parole à des victimes et au suspect.

Pendant près de neuf ans, un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture, qui fut également en poste à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est, aurait versé des diurétiques dans des boissons qu'il proposait à des candidates reçues en entretien pour un poste rue de Valois.

"Son but: les pousser à perdre le contrôle et à uriner devant lui", écrit Libération, qui dénombrait dans son article le nombre colossal de plus de 200 victimes. En plus de ces agissements, l'homme consignait les intoxications ainsi que les réactions de ses victimes dans un fichier informatique dénommé "Expériences".

De nouvelles victimes se manifestent

Selon un nouvel article publié mercredi par le quotidien, une quinzaine d'autres femmes se sont fait connaître auprès du journal depuis la parution de l'enquête, se disant victimes du même homme, et de faits similaires à ceux dénoncés. 

Pourtant, la mise au jour de ces agissements n'aurait pas (encore) fait bouger les lignes rue de Valois. Ainsi, d'après un salarié du ministère de la Culture cité par Libération, "à aucun moment le ministère ne s'est rapproché de celles qui étaient sur le fameux tableau Excel de Christian N. pour donner une quelconque info, voire un accompagnement".

Un silence qui a incité les syndicats à écrire aux personnels du ministère ce mercredi, relate Libé. De son côté, le secrétariat général du ministère admet ne pas avoir adopté une "démarche pro-active" vis-à-vis des victimes et assure qu'il écrira "très prochainement" aux agents.

Confondu en juin 2018

Le DRH avait fini par être confondu en juin 2018, lorsqu'il était en poste à la Drac, pris sur le fait en train de photographier les jambes d'une sous-préfète mosellane. Suspendu en octobre suivant, il a été révoqué en janvier 2019.

Placé sous contrôle judiciaire, il a été mis en examen pour "administration de substance nuisible", "agression sexuelle par personne abusant de l'autorité conférée par sa fonction", "atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation d'image", "violence par une personne chargée de mission de service public" et "infraction à la législation sur les médicaments", selon une source judiciaire.

À la publication de la première enquête, le ministre de la Culture Franck Riester avait réagi sur Twitter, assurant qu'une "procédure judiciaire (était) en cours" et que la "parole (des victimes) ne sera pas vaine".

Clarisse Martin avec AFP