BFMTV

Entretiens pervers d'un DRH au ministère de la Culture: Riester assure que "la parole des victimes ne sera pas vaine"

Le ministre de la Culture Franck Riester dans la cour de l'Elysée, le 7 novembre 2019

Le ministre de la Culture Franck Riester dans la cour de l'Elysée, le 7 novembre 2019 - Alain JOCARD / AFP

Le ministre de la Culture a apporté son soutien aux victimes de l'ancien directeur des ressources humaines de son ministère, qui a intoxiqué des dizaines de femmes avec des diurétiques lorsqu'il les recevait en entretien.

"Leur parole ne sera pas vaine. C'est un engagement que je prends". Le ministre de la Culture a réagi ce vendredi à la longue enquête publiée dans le journal Libération qui a relayé les témoignages de plusieurs femmes, victimes au sein de son ministère d'un haut fonctionnaire pervers entre 2009 et 2018. Cet homme, alors directeur des ressources humaines, qui administrait à leur insu des diurétiques à ses victimes, les contraignant à s'uriner dessus devant lui, a été suspendu de ses fonctions "dès que le ministère de la Culture a eu connaissance des signalements" le concernant, assure Franck Riester sur Twitter.

"Des actions ont été engagées auprès du Procureur de la République. C'est à ce titre qu'une procédure judiciaire est en cours", précise le ministre, qui affirme qu'une procédure disciplinaire a conduit à la révocation de ce haut fonctionnaire "par décret en date du 11 janvier 2019".

Le ministre de la Culture a tenu à apporter son soutien aux victimes et estime qu'elles "ont bien fait de parler". "Je ne tolérerai aucune omerta au sein de mon ministère sur des sujets d'une telle gravité", assure-t-il, rappelant avoir fait, depuis sa nomination, "de la lutte contre le harcèlement et les violences sexuelles et sexistes une de (ses) priorités". "Nous ne baisserons pas la garde et continuerons d'agir avec force et détermination", promet Franck Riester.

Le silence de Marlène Schiappa dénoncé par une victime

Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'Égalité femmes-hommes, a également vivement condamné les agissements du suspect. "Les faits sont gravissimes et qu’ils aient été couverts aussi longtemps est très choquant. Toute la lumière doit être enfin faite", a-t-elle estimé sur Twitter.

Parmi les témoignages recueillis par Libération, une victime raconte avoir contacté la ministre au mois de juin pour obtenir de l'aide mais assure n'avoir jamais été recontactée par ses services. Ce que conteste Marlène Schiappa.

"Ma conseillère droits des femmes l’a contactée", assure-t-elle, et "nous avons proposé une mise en relation avec la Haute fonctionnaire chargée de l’égalité à la Culture qui est très engagée". "Le 28 juin ma conseillère confirme par texto avoir transmis mes dossiers et donné les coordonnées des unes aux autres pour leur mise en relation", raconte la ministre, qui estime avoir "alerté immédiatement à tous niveaux et soutenu la victime de ces actes ignobles".

Déjà évoqués par Le Canard Enchaîné au mois de mai, et malgré plusieurs signalements de victimes auprès de leur direction dès 2015, les agissements de l'ancien DRH du ministère de la Culture, passé ensuite par la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est, sont restés sous silence pendant près de 10 ans. Suspendu de la fonction publique en octobre 2018, l'ancien haut fonctionnaire a finalement été mis en examen pour "administration de substance nuisible, agression sexuelle par personne abusant de l’autorité conférée par sa fonction, atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation d’image, violence par une personne chargée de mission de service public et infractions à la législation sur les médicaments".

Mélanie Rostagnat