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Polanski: sans appeler au boycott, Marlène Schiappa confie qu'elle n'ira pas voir son film "par principe"

Marlène Schiappa lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 9 juillet 2019

Marlène Schiappa lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 9 juillet 2019 - Martin BUREAU / AFP

La promotion du nouveau film de Roman Polanski, J'accuse, est fortement perturbée après une nouvelle accusation de viol qui vise le réalisateur.

"Je n'irai pas voir le film de Polanski, je ne veux pas faire la démarche d'aller acheter une place de cinéma dans le contexte qu'on connaît". Au lendemain de l'annulation d'une avant-première du film J'accuse au cinéma Le Champo à Paris, la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes a rappelé ce mercredi son combat contre les violences faites aux femmes dans plusieurs médias, notamment sur RTL.

"Si dans ce pays, il doit y avoir une seule et dernière responsable politique qui croit ces femmes, ça ne peut être que la personne chargée de ces sujets au gouvernement. Donc, par principe, je n’irai pas acheter une place de cinéma pour voir ce film, mais je n’empêche personne de le faire", a par ailleurs expliqué Marlène Schiappa au Figaro, alors que Roman Polanski est visé par une nouvelle accusation de viol.

Un débat "sans violence"

Contrairement à certains responsables politiques qui ont appelé à ne pas aller voir le film, à l'instar de Laurence Rossignol qui a expliqué sur France 2 ne pas vouloir offrir au réalisateur "une rétribution narcissique", Marlène Schiappa n'appelle pas au boycott mais invite au calme.

"J’ai vu les manifestations féministes pour bloquer le film. J’ai aussi vu des gens leur criant des insultes. Nous gagnerions tous à ce que débat se passe sans violence", confie-t-elle au quotidien.

La ministre préfère attendre que "la justice puisse se prononcer dans la mesure des informations dont elle dispose" et rappelle, dans un entretien accordé à Yahoo Actualités, qu'en tant que membre du gouvernement, elle ne peut pas "intervenir dans les enquêtes judiciaires".

Plus de quarante ans après une première plainte pour viol en 1977, Roman Polanski a été à de nombreuses reprises accusé de viol et d'abus sexuels. Le Parisien a dévoilé vendredi 8 novembre un nouveau témoignage, celui de Valentine Monnier, photographe, qui accuse le réalisateur de l'avoir violée en 1975, alors qu'elle avait 18 ans. Des accusations "fermement contestées" par l'intéressé.

Mélanie Rostagnat