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Plan social chez GE Belfort: les élus locaux accusent Macron d'avoir su avant les élections européennes

Un salarié de General Electric à Belfort, le 27 novembre 2015.

Un salarié de General Electric à Belfort, le 27 novembre 2015. - SEBASTIEN BOZON / AFP

La rumeur d'un plan social chez General Electric courait depuis plusieurs mois. Mais il a finalement été annoncé 48 heures après la fin des élections, s'indigne le maire de Belfort, Damien Meslot.

Depuis plusieurs mois, les salariés redoutaient un plan social, mais l'annonce du géant américain General Electric (GE) de supprimer 1000 emplois en France est vécue comme un coup de massue. Les élus locaux pointent la responsabilité de l'État et accusent Emmanuel Macron d'avoir demandé à la direction d'attendre la fin des élections européennes pour dévoiler l'ampleur du plan. 

Ce mercredi, Damien Meslot le maire Les Républicains de Belfort n'a pas caché sa colère après la confirmation officielle des suppressions de poste:

"J'espère que le président de la République et le gouvernement mettront la même énergie à créer de nouvelles activités à Belfort qu'ils en ont mis pour déplacer l'annonce du plan, après les élections européennes", a-t-il accusé à notre antenne.

Vente soutenue par Macron en 2014

Et le sujet crispe d'autant plus que c'est Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie, qui avait autorisé, en novembre 2014, la vente des activités énergie du groupe français Alstom à General Electric (GE). Une responsabilité personnelle que ne manque pas de faire remarquer sur son blog Jean-Pierre Chevènement, actuel sénateur du Territoire-de-Belfort:

"Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan 'America first !' ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris", s'indigne l'ancien ministre.

Au micro de Franceinfo ce mercredi, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier Runacher a répondu que cela faisait "plusieurs semaines" que le gouvernement était "dans l’attente d’une nouvelle" mais qu'il n'était "pas plus au courant que les personnes concernées."

"Extrêmement vigilant"

"Etes-vous prêt vous aussi à vous battre à nos côtés ?", a demandé au gouvernement le député Michel Zumkeller (UDI) à l'Assemblée nationale mardi après-midi. Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron lui a répondu en promettant d'être "extrêmement vigilant":

"Le gouvernement est à l'oeuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus", a déclaré le chef de l'État à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne.

De son côté, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est engagé à préserver "l'avenir industriel de Belfort". Des promesses qui ne suffisent pas à rassurer les salariés: "Le gouvernement fait rien pour nous aider, ils s'en foutent", regrette à notre antenne Fabrice, un salarié de l'usine.