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Philippe Bas, en pleine lumière dans l'affaire Benalla

Philippe Bas

Philippe Bas - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Le président de la commission des lois du Sénat, énarque chiraquien incarnant "l'ancien monde" politique", s'est illustré par sa conduite des débats lors de l'audition des protagonistes de l'affaire Benalla.

Il s'était déjà illustré sous François Hollande en ferraillant sur la déchéance de nationalité: en présidant la commission d'enquête du Sénat chargée de l'affaire Benalla, Philippe Bas est désormais en pleine lumière. Le sénateur de la Manche s'est distingué par son sang-froid, sa précision et ses flèches pince-sans-rire lors de la conduite des débats à la chambre haute

"Ancien monde"

A l'actuel secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler, son prédécesseur à ce poste (de 2002 à 2005) lance ainsi: 

"Vous occupez une fonction dont on dit qu'elle est très importante…"

Et d'enchaîner sur cette leçon de droit constitutionnel, toujours au même Alexis Kohler: "Des proches conseillers du président de la République sont également des proches conseillers du Premier ministre. C’est la première fois dans l’histoire de nos institutions que ce choix a été fait. […] C’est la fusion du gouvernement avec la présidence de la République, et cette fusion n’est pas prévue par la Constitution."

A 60 ans, l'élu Les Républicains est un pur produit - et s'en revendique - de "l'ancien monde": passé par Sciences-Po, l'ENA et le Conseil d'Etat avant de devenir conseiller ministériel, puis secrétaire général de l'Elysée et enfin ministre de la Santé de Jacques Chirac, Philippe Bas coche toutes les cases du cursus honorum classique. Élu sénateur en 2011, ce fin connaisseur des questions de renseignement préside l'exigeante commission des lois au palais du Luxembourg.

Le "Plateau" dans le viseur ?

Fonction dans laquelle il fait l'unanimité: "C'est un technicien qui mise sur sa connaissance chirurgicale des dossiers de fond", explique au Figaro le sénateur Jean-Louis Masson. "Il a une longue expérience de grand commis de l'État et de responsable politique, ce qui lui confère une autorité et une légitimité certaines", renchérit l'ancien premier ministre Dominique de Villepin. 

"C'est un cardinal. Il a le sens de l'implicite avec ce qu'il faut d'ironie sans jamais cacher ses ambitions. Ce qui l'anime, c'est l'honneur du Parlement", lance l'ancien garde des Sceaux socialiste Jean-Jacques Urvoas. 

De cardinal, ce filloniste convaincu - il fut un soutien indéfectible de l'ancien Premier ministre pendant la campagne présidentielle et reste membre de Force républicaine - pourrait bien vouloir devenir pape, et prendre la succession de Gérard Larcher comme président du Sénat. Bas à la tête de la chambre haute, un comble. 

Louis Nadau