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Passation de pouvoirs avec Cazeneuve: Édouard Philippe se revendique "homme de droite"

Ce lundi après-midi, Bernard Cazeneuve a passé la main à Edouard Philippe, Premier ministre nommé par Emmanuel Macron. L'échange a été chaleureux et rempli de références à la Normandie.

C'est bien connu, lorsque deux Normands se rencontrent, ils se racontent des histoires de Normands. Et ça n'a pas manqué ce lundi après-midi, lors de la passation de pouvoirs à l'Hôtel Matignon, entre le partant, ancien maire de Cherbourg (dans la Manche), Bernard Cazeneuve, et le Havrais et nouvel arrivant, Edouard Philippe. Au cours de son discours, Bernard Cazeneuve a lancé:

"Je voudrais vous souhaiter la bienvenue, vous dire le grand plaisir que j’ai à vous accueillir, pour des raisons personnelles d'abord, des raisons d'amitié, pour nos attaches normandes". 

"Violemment modérés"

Après avoir encore noté que ceux qui "ont la passion de l'Etat" devaient souhaiter la réussite du gouvernement d'Edouard Philippe, Bernard Cazeneuve a poursuivi dans la même veine régionale: "Les Normands sont violemment modérés, c'est-à-dire qu'ils sont imprégnés de l’esprit de sagesse. Il faut de la sagesse dans le moment politique où nous nous trouvons."

Il a également fait l'éloge de la "loyauté", de "la fidélité", et du "respect" et a tenu à souligner qu'il quittait ses fonctions en "homme de gauche". "J’ai la certitude que la modernisation du pays n’est possible que quand il y a une authenticité dans l’engagement de chacun, dans les leçons tirées de l’histoire", a-t-il encore déclaré. 

Son successeur, Edouard Philippe, pour sa part élu de Seine-Maritime, n'a pas non plus oublié leur creuset commun en rendant un hommage appuyé à Bernard Cazeneuve.

"Au cœur des négociations européennes, puis de la machinerie budgétaire, au milieu des drames que nos compatriotes ont vécus, puis ici, vous avez souhaité servir l’Etat. Vous l’avez fait avec votre style, dont je ne sais pas s’il est normand, mais dont je sais qu’il est, empreint d’une élégance constante, d'un sérieux attentif, d’un sens de l'humour qui est une politesse de l’esprit et du sens de l’Etat", a-t-il détaillé. 

Des références communes

Il a alors livré une mise au point politique sur l'identité normande: "Les Normands sont certes violemment modérés, mais ils sont parfois conquérants. Vous êtes complètement normand et moi aussi." Il a ajouté:

"Je n’avais pas de doute sur le fait que vous étiez un homme de gauche. Je suis un homme de droite mais nous avons l’un pour l’autre de l’estime et savons que l’intérêt général doit diriger notre engagement."

Pour Edouard Philippe, son prédécesseur constitue un "exemple de caractère" et en a cité quelques autres comme son mentor, Alain Juppé, et Antoine Rufenacht, l'ancien maire du Havre. Alors que Bernard Cazeneuve avait salué la mémoire de "Léon Blum, Jean Jaurès, Pierre Mendès-France, François Mitterrand" et les parcours de "Laurent Fabius et François Hollande", Edouard Philippe a répondu:

"Je partage certaines de vos références: Léon Blum, Pierre Mendès France. J’y ajouterai le général De Gaulle et Georges Clemenceau. On parvient ici à un équilibre qui est aussi très français."

R.V.