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Passage des Bleus sur les Champs: l'exécutif tente d'éteindre la polémique

Benjamin Griveaux.

Benjamin Griveaux. - Bertrand GUAY / AFP

Critiqués pour la rapidité du bus des Bleus sur les Champs-Elysées lundi, et l'absence de contact avec les supporteurs, la présidence de la République et le gouvernement ont tenté de se mettre un terme à la controverse mercredi.

L'exécutif a pris la mesure du risque politique que constitue pour lui la polémique, portée notamment par des fans mécontents, autour du trop bref passage du bus des Bleus sur les Champs-Elysées, contrastant avec la longue visite de la sélection à l'Elysée, lundi soir. Ce mercredi, les membres du gouvernement mais aussi l'exécutif n'ont pas ménagé leurs efforts pour se détacher des critiques autour de l'organisation de l'événement, après que des représentants de l'opposition les ont relayées.

Mardi, Fabien Di Filippo, député Les Républicains élu en Moselle, avait dit: "On aurait pu consacrer une heure à toutes ces personnes qui avaient fait tellement de distance et attendu des heures entières dans la chaleur, ou alors repartir plus tôt de l’Elysée pour aller au Crillon et saluer cette foule depuis le balcon." Le député socialiste élu en Seine-et-Marne, Olivier Faure, avait lancé pour sa part: "Il ne faut pas s’approprier à ce point-là une victoire". Et cette liste des parlementaires insatisfaits n'est pas exhaustive.

La frustration des supporteurs "comprise"

"Laissons les esprits chagrins aux esprits chagrins", a semblé leur répondre ce mercredi Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, lors de sa conférence de presse. "On n’a à aucun moment donné de consigne sur la vitesse du bus", a-t-il affirmé. Il a avancé l'argument sécuritaire pour justifier les douze petites minutes seulement passées par l'équipe de France sur les Champs-Elysées devant les très nombreux supporteurs qui y étaient massés:

"On comprend évidemment la déception des supporteurs qui ont attendu. Ils étaient beaucoup plus nombreux qu’en 1998, disons-le. Nous ne sommes pas dans les mêmes conditions de sécurité qu’en 1998. Je ne vais pas vous rappeler évidemment l’environnement sécuritaire dans lequel nous vivons. Mais cette descente des Champs-Elysées, elle a été coorganisée par la Fédération française de football et par la préfecture de police et il n'y a eu aucun incident à déplorer. C'est donc que la préfecture de police de Paris a bien fait son travail".

"Démenti formel" 

Sur notre antenne, la ministre des Sports, Laura Flessel, a quant à elle évoqué l'envie des joueurs et de l'encadrement de retrouver les leurs: "J’entends la frustration des spectateurs mais ils sont passés, ils sont passés! Cela faisait six semaines qu’ils n’avaient pas vu leurs familles. Ils n’avaient qu’une hâte, c’était aussi de passer ce petit temps avec leurs fils, leurs filles, leurs parents." Elle a poursuivi: "Il y aura d’autres moments. On comprend la frustration mais soyons quand même fiers de cette équipe." Elle a ensuite tenu à ajouter: "Douze minutes, vingt minutes, trente minutes, j’ai envie de vous dire ils ont vu ces champions. Ils auraient pu, vu le retard, ne pas passer du tout. Mais il voulait vraiment remercier les spectateurs en descendant les Champs-Elysées." 

Bruno Roger-Petit a lui fait entendre la voix de la présidence de la République, en sa qualité de porte-parole, en deux tweets. "Démenti formel : il n’a jamais été demandé d’accélérer la descente des Champs-Elysées. Au contraire, la Présidence de la République a toujours indiqué à ses interlocuteurs que la durée envisagée semblait trop courte. Le président Emmanuel Macron a respecté l’agenda souhaité par l’équipe de France et ses représentants. La victoire des Bleus ne mérite pas cette vaine polémique", a-t-il écrit. 

Robin Verner