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"Pas de vague" à l'école? Blanquer dit "ne plus supporter" cette expression

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, le 17 octobre 2020 à Paris

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer, le 17 octobre 2020 à Paris - ABDULMONAM EASSA © 2019 AFP

Au micro d'Europe 1, le ministre de l'Éducation nationale a assuré que Samuel Paty avait reçu un soutien de sa hiérarchie après avoir montré une caricature de Mahomet à ses élèves.

Jean-Michel Blanquer entend le marteler, l'Éducation nationale n'a pas failli à l'égard de Samuel Paty. Invité d'Europe 1 ce jeudi, le ministre de tutelle du professeur assassiné le 16 octobre a réagi aux accusations d'inaction dont a fait l'objet sa hiérarchie et plus globalement l'Éducation nationale dans son ensemble. Invite-t-elle les enseignants à ne "pas faire de vague" face aux menaces et aux intimidations dont ils peuvent faire l'objet, comme certains l'ont dénoncé par le passé via le hashtag #PasDeVague sur les réseaux sociaux?

"Vraiment, cette expression, je ne la supporte plus", s'est agacé le ministre de l'Éducation nationale. "Quand je suis arrivé, il y a trois ans et demi, j'ai dit 'il n'y aurait plus pas de vague'", a-t-il enchaîné.

"Dans l'essentiel de l'Éducation nationale, c'est en effet ce qu'il se passe. Et d'ailleurs, même dans notre affaire, il n'y a pas eu du 'pas de vague'! Je tiens à le redire, sinon on colporte des fake news quand on dit l'inverse", juge-t-il.

"C'est trop facile"

Le ministre l'assure, "dès le début, la principale" du collège du Bois d'Aulne de Conflans-Sainte-Honorine a soutenu Samuel Paty. "On n'a pas prévu l'assassinat, certainement, mais il y a eu un soutien de l'institution", dit-il, tout en reconnaissant qu'il y a pu y avoir, dans d'autres cas dans le passé, des chaînes de compromission vis-à-vis de certains professeurs.

"C’est trop facile de dire (que) c’est le 'pas de vague' qui règne. C'est vrai que ça existe! Je ne dis pas que ça n'existe pas. Mais ça n’est pas ce qui s’est passé là, et ça n’est pas non plus, évidemment, la consigne que je donne depuis trois ans et demi", assure Jean-Michel Blanquer.

"C'est pour ça que les choses ont changé. C'est pour ça qu'il y a des signalements. Maintenant, tout ceci suppose un véritable sursaut (...) de l'ensemble des acteurs, pas seulement de l'ensemble de l'Éducation nationale, mais de l'ensemble de la société", prévient-il.

Jules Pecnard Journaliste BFMTV