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Referendum à gauche: pas consultés, Hollande et Valls approuvent Cambadélis

Le président de la République François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls

Le président de la République François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls - Sébastien Bozon - AFP

François Hollande juge toutefois que "consulter les gens n'est jamais une mauvaise idée". Quant à lui, Manuel Valls aurait salué par SMS le "coup de maître" de Jean-Christophe Cambadélis. 

François Hollande, en voyage officiel au Maroc, a découvert en citoyen normal l'initiative du patron du PS Jean-Christophe Cambadélis. Ce dernier a annoncé, samedi, sa volonté de consulter "le peuple de gauche" du 16 au 18 octobre prochain sur la question de l'unité des forces de la majorité en vue des régionales du mois de décembre. Un "pari risqué" qui ne déplaît pas à l'exécutif puisque les appels au rassemblement se multipliaient déjà face au risque réel pour le PS de perdre une large majorité (9?) des 13 grandes nouvelles régions. Il s'agira ainsi d'un grand sondage sans filtre.

"Consulter les gens n'est jamais une mauvaise idée", a lâché François Hollande, rapporte Le Parisien quand Manuel Valls a "salué" la démarche ajoutant "rêver d'une grande formation qui nous rassemble tous". "Ces petites querelles, ces petites divisions, ces frondes, elles ne sont pas à la hauteur du moment de gravité de notre pays", a ajouté le Premier ministre. Selon le quotidien, Manuel Valls aurait envoyé un SMS au premier secrétaire du PS le félicitant pour "son coup de maître" qui place les alliés objectifs du PS face à leurs responsabilités et alors que les multiples appels à l'unité comme en Picardie-Nord-Pas-de-Calais ou en Provence-Alpes-Côte d'Azur sont restés lettre morte ou rejetés par les militants écologistes et Front de gauche.

Le spectre du FN

"La dispersion, c'est la disparition", répète régulièrement Jean-Christophe Cambadélis en référence à la montée du Front national. "Ne faisons pas comme si le Front national n'était pas aux portes du pouvoir dans certaines régions", a d'ailleurs mis en garde Manuel Valls. Et puis dans l'optique de la présidentielle de 2017, un message clair des sympathisants est toujours bon à prendre dans un contexte où les divisions et la défiance s'affichent de plus en plus facilement.

Pourtant, François Hollande a choisi de rester loin de ce combat pour ne pas prêter le flanc à de nouvelles critiques directes. Le chef de l'Etat ne votera. Et d'ajouter au Parisien: "Je ne voudrais pas fausser le résultat..." Déjà, lors de sa grande conférence de presse de rentrée, le chef de l'Etat avait appelé à faire le distinguo entre les régionales à venir et l'élection présidentielle qui sera le seul prochain "rendez-vous national".

Duflot et Mélenchon ne sont pas convaincus

Mais comme cela pouvait se prévoir, Jean-Christophe Cambadélis n'a pas suscité l'enthousiasme de tous. Notamment parmi les alliés de 2012. Il "regarde les choses un peu à l'ancienne, il considère que ce sont les partis politiques qui décident pour les électeurs", a affirmé Cécile Duflot, dimanche sur France 3. "Le référendum, il va être très simple, il va avoir lieu au mois de décembre, parce que chaque citoyen de ce pays et chaque citoyenne aura un bulletin de vote", a-t-elle poursuivi, évoquant les "projets politiques" qui seront défendus par chaque formation.

"Jean-Christophe Cambadélis ne sait plus comment faire. Hollande et Valls ont explosé la gauche. Pas parce qu'on est des mauvais caractères, mais parce qu'ils font une politique de droite, et que nous, nous ne voulons pas soutenir cette politique", a analysé l'ancien candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Le premier secrétaire du PS "essaie de trouver un nouveau garrot: 'Allez, c'est l'union, sinon ça sera le FN', a ironisé l'eurodéputé. 'Allez! Venez avec moi, sinon vous serez dévorés!'" Les leaders du "peuple de gauche" ne sont pas encore prêts à s'asseoir à la même table.

referendum au ps: comment ça va se passer?

Le "peuple de gauche, entre deux millions et 300.000 personnes selon les estimations, sera interrogé par voie électronique du 16 au 18 octobre sur une question simple: "Etes-vous pour ou contre l'unité de la gauche dès le premier tour des élections régionales?"

La haute autorité du parti devrait assurer le contrôle d'un scrutin qui fait "le pari de la confiance" selon la direction du PS. 

S.A. avec AFP