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Présidentielle: le burn-out des députés socialistes

Claude Bartolone, le 20 mai 2015.

Claude Bartolone, le 20 mai 2015. - THOMAS SAMSON - AFP

Lors de la traditionnelle réunion du groupe socialiste à l'Assemblée qui se tient chaque mardi, les députés, dans l'attente d'une prise de décision de François Hollande pour 2017, ont fait part de leur désolation quant à l'avenir du parti.

Ça n'était pourtant pas inscrit à l'ordre du jour. Mais, devenu incontournable chez les élus, le livre polémique de confidences de François Hollande s'est invité dans la conversation de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée, mardi. Face au Premier ministre Manuel Valls, les socialistes du Palais Bourbon ont fait part de leur malaise. En clair, "mais pourquoi, pourquoi ce livre?", s'interrogent-ils à longueur de temps et alors que les sondages dévastateurs se multiplient.

Hollande incarne-t-il toujours la gauche?

Au cours de la réunion du jour, le président de l'Assemblée nationale - et député de la 9e circonscription de la Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone s'est opposé à Manuel Valls. "Ca va être compliqué d'éviter le sujet. On ne pourra pas continuer sans se poser la question de la fraternité et de notre capacité à rassembler. (...) Le risque c'est que nous soyons zappés de la présidentielle."

Selon lui, le parti a "un problème d'incarnation. Il y a une distance qui s'est créée entre la gauche et les Français, entre le Président et les Français", assure-t-il. Une analyse que semblent aussi partager les autres députés. Marcel Rogemont, élu PS d'Ille-et-Vilaine, pense que "les gens sont vraiment désorientés par la situation" tandis que le député des Pyrénées-Atlantiques, David Habib, demande lui à François Hollande de s'exprimer. "On a besoin qu'il dise les choses. On ne s'en sortira pas si on n'est pas unis (...) On va vers un suicide", juge-t-il.

Seul le député de l'Hérault, Sébastien Denaja, relativise la situation en appelant ses camarades "à garder la tête froide et à faire le travail d'explication sur ce que nous avons fait".

Valls: "il faut s'inventer"

Manuel Valls, attentif aux revendications, estime que dans la perspective de 2017 il n'est pas encore trop tard. Selon lui, il ne suffit pas de mettre en cause la droite mais "il faut s'inventer, proposer..." sinon "(...) on sera pulvérisés". Le temps presse. "Il faut être unis autour de l'exercice du pouvoir (...) c'est pour ça que j'ai fait cet appel à nos anciens ministres [Montebourg, Macron, Hamon, Filippetti, ndlr] (...) et qu'on ne me fasse pas le faux-procès des deux gauches irréconciliables (...), argue Manuel Valls qui affirme qu"'on peut mener la bataille contre la droite (...) y compris Juppé, qui est prenable !".

Mais François Hollande sera-t-il candidat à sa propre réélection? Les députés socialistes sont dans l'expectative. Ils se montrent en tout cas désireux de s'organiser au plus vite pour éviter un désastre lors des prochaines échéances électorales. Si François Hollande se représente, bon nombre de socialistes, même réticents, seront obligés de le suivre. Manuel Valls en tête même s'il peine parfois à cacher ses ambitions.

Ainsi le patron des députés PS Bruno Le Roux juge que François Hollande reste le plus à même de "rassembler" pour la présidentielle et éviter un "émiettement de la gauche". Ce fidèle de François Hollande a même assuré que "largement plus de la moitié" des députés socialistes soutiendraient François Hollande "s'il y avait une initiative".

Aurore Coulaud avec Thomas Soulié