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"Machiavel", "pervers": la colère de Christian Eckert contre Emmanuel Macron

L'ancien secrétaire d'Etat chargé du Budget a fréquenté pendant plusieurs mois Emmanuel Macron lors qu'il était ministre de l'Economie, et qu'il préparait sa campagne présidentielle. Un mélange des genres qu'il n'a jamais encaissé.

C'est un ancien ministre très en colère. Et il le fait savoir. Christian Eckert est ce lundi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin, pour RMC et BFMTV, trois jours avant la sortie de son livre Un ministre ne devrait pas dire ça..., aux éditions Robert Laffont. Un ouvrage dans lequel l'ancien secrétaire d’Etat chargé du Budget et des Comptes publics revient sur les quelques mois passés à cohabiter avec Emmanuel Macron, lorsque ce dernier était encore ministre de l'Economie, et qu'il préparait sa campagne pour l'élection présidentielle.

Une méthode "insidieuse"

Un mélange des genres et de fonctions que notre invité n'a toujours pas digéré, estimant que son ancien collègue a utilisé son ministère comme un tremplin:

"Celui qui est aujourd'hui président de la République a préparé son élection de façon presque insidieuse", accuse le socialiste.

"Quand on est ministre de la République, c'est un engagement à plein temps, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il est de notoriété publique que la mise au point de certaines rencontres s'est déroulée à Bercy", poursuit-il. "Emmanuel Macron a nourri son carnet d'adresses au moment où il était ministre."

"Machiavel pour le moins"

Pour juger cette préparation qui a conduit l'actuel président de la République aux plus hautes fonctions du pays, Christian Eckert n'a pas de mots assez durs, qualifiant Emmanuel Macron de "Machiavel" et de "pervers".

"Pervers parce qu'il a préparé des choses sans les dires à celui qui l'avait fait, qui lui avait confié des responsabilités." François Hollande, en l'occurrence.

Se pose alors la question de la responsabilité. "On peut toujours dire que le coupable c'est celui qui s'est fait abuser, ou c'est celui qui a abusé", s'interroge sur notre plateau l'ancien député de Meurthe-et-Moselle. "Il y a peut-être eu un peu de naïveté d'un certain côté, mais de l'autre il y a une volonté affirmée et dissimulée pendant longtemps", pose celui qui explique s'être fait "berner" par Emmanuel Macron.

"Excessif et injuste"

Si l'ancien ministre a pris la plume pour régler ses comptes, ce n'est en revanche pas pour remettre en cause la victoire du chef de l'Etat en mai 2017, qu'il juge "démocratique" et "incontestable". Reste que Christian Eckert n'a pas du tout apprécié l'attitude du chef de l'Etat et du nouveau gouvernement à leur arrivée au pouvoir:

"Ils n'ont eu de cesse de discréditer leurs prédécesseurs. Je crois que c'était excessif et injuste", conclut-il.

Jérémy Maccaud