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L'hasardeuse comparaison de Cambadélis sur François Hollande

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En voulant rendre hommage au chef de l'Etat, pour les trois ans de son élection, et au Premier ministre, Jean-Christophe Cambadélis a utilisé une référence historique qui place François Hollande dans le costume du maréchal Pétain. Une comparaison pour le moins maladroite.

Jean-Christophe Cambadélis est un fidèle de François Hollande. Et il veut le prouver. Alors que le chef de l'Etat souffle sa troisième bougie à l'Elysée, le numéro un socialiste a jugé mercredi que le côté protecteur de François Hollande serait reconnu in fine, assurant que le président est "le bouclier" et son Premier ministre "le glaive".

Le "bouclier" et le "glaive", deux manières de défendre les intérêts de la France? Mais, interrogé sur LCP lors de l'émission Questions d'Info, il fait au passage une référence historique périlleuse.

En effet, le "bouclier" et le "glaive" renvoie à une théorie, certes un peu oubliée, sur la Seconde guerre mondiale qui voulait que le maréchal Pétain incarne le bouclier (de la France) et la général De Gaulle le glaive. De cette manière, Jean-Christophe Cambadélis fait donc ainsi une analogie entre Philippe Pétain et François Hollande. 

Cambadélis, récidiviste de la comparaison maladroite

La théorie vient à l'origine de Robert Aron, écrivain et ancien membre de l'Académie française. En 1954, dans Histoire de Vichy, le penseur voit chez Philippe Pétain un "bouclier" pour la France alors que Charles De Gaulle est le glaive chargée de la défendre et de préparer la reprise après la victoire. 

Un petit mot qui n'est pas passé inaperçu au Parti socialiste. Ancienne présidente des Jeunes socialistes, et membre du bureau national, Laurianne Deniaud estime qu'il s'agit d'une "maladresse historique et politique regrettable". 

Jean-Christophe Cambadélis n'en est pas à sa première comparaison hasardeuse. En février, dans un tweet, il avait comparé l'Etat d'Israël à Daech. "On identifie les juifs à Israël comme on identifie les musulmans à Daech. Je suis contre", avait-il partagé sur le réseau social, avant de s'excuser publiquement.

I. V.