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Et maintenant, le PS peut-il se rassembler?

L'aile gauche et l'aile droite sont-elles réconciliables?

L'aile gauche et l'aile droite sont-elles réconciliables? - Geoffroy Van der Hasselt - AFP

Au soir de sa large victoire à la primaire de la Belle Alliance Populaire, Benoît Hamon a appelé au rassemblement de la gauche, y compris avec Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot. Mais déjà des voix se font entendre pour faire désertion et rejoindre les rangs d'Emmanuel Macron.

Benoît Hamon sera le représentant des socialistes lors de la prochaine élection présidentielle en mai. Il a été désigné largement lors de la primaire de la gauche élargie. Dimanche soir, il a appelé de ses voeux à "rassembler les socialistes, tous les socialistes". Il s'est tourné vers le candidat de "La France insoumise", Jean-Luc Mélenchon, et l'écologiste Yannick Jadot pour créer "une majorité gouvernementale". Au risque de perdre une partie du PS?

Si Manuel Valls a félicité "le candidat de notre famille politique", l'ancien Premier ministre ne s'engagera pas à ses côtés dans la campagne. Du côté de ses soutiens, on assure que tout va bien et que le rassemblement est déjà en marche. "Nous resterons au PS et nous ferons la campagne", indiquait dimanche soir Philippe Doucet, le porte-parole de Manuel Valls.

"Nous devons nous rassembler parce que si la maison que nous représentons se fissure nous serons dans l’opposition pendant très très longtemps", surenchérissait Luc Carvounas, vallsiste.

Ralliements à Macron

Mais à peine la victoire de Benoît Hamon enregistrée, des voix dissidentes se sont faites entendre. "Je ne peux pas soutenir le programme de Benoît Hamon, c’est contraire à mes convictions", tranchait François Loncle, député PS de l'Eure sur BFMTV. En cause: des idées irréconciliables et notamment le très critiqué revenu universel. "Si c’est sur le projet qu’il a défendu alors il y aura un problème", déplore Francis Chouat, le maire PS d'Evry.

Avec la victoire de Benoît Hamon, le risque de fracture du Parti socialiste est bel et bien réel entre l'aile gauche et l'aile droite de la formation. D'ores et déjà, des parlementaires socialistes ont annoncé leur volonté de rejoindre le mouvement lancé par Emmanuel Macron.

"J’ai du mal à répondre favorablement à l’appel au rassemblement de celui qui a sapé de l’intérieur le quinquennat de François Hollande", a rappelé le député du Cantal Alain Calmette, préférant s'associer au fondateur d'En Marche!

Minoritaire au PS

Au soir de la date limite de dépôt des candidatures, peu avait misé une pièce sur celle de Benoît Hamon. D'autant qu'il bénéficiait de peu de soutien, lui qui avait claqué la porte du gouvernement, pris la tête des frondeurs et n'avait cesser de pilonner la politique menée par Manuel Valls. D'ailleurs, aucun ministre ne s'est engagé à ses côtés. Une réunion est prévue lundi matin pour afficher une unité et une cohésion avant que l'actuel premier ministre, Bernard Cazeneuve, ne reçoive Benoît Hamon en fin de journée.

Suffisant pour donner l'impulsion nécessaire à la candidature de Benoît Hamon. Pas sûr. Pour la première fois de son histoire, le Parti socialiste aura pour candidat un courant minoritaire dans le parti, rappelle L'Opinion. En mai dernier, la motion qu'il défendait lors du congrès du Parti socialiste à Poitiers a obtenu 28% des voix. Il n'est pas certain que la menace lancée par Jean-Christophe Cambadélis à ceux qui se laisseraient aller à la tentation Macron de leur retirer l'investiture aux législatives y fasse quelque chose alors que le Bureau national du parti se réunit lundi soir à Solférino.

"On peut tout imaginer, y compris que la moitié du Bureau national s’en aille", soupire un ministre qui aura la réponse ce lundi soir.

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Benoît Hamon

Justine Chevalier