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Congrès PS: ce qu'il faut retenir des motions A, B, C et D

Jean-Christophe Cambadélis, Christian Paul, Florence Augier et Karine Berger représentent chacun une motion.

Jean-Christophe Cambadélis, Christian Paul, Florence Augier et Karine Berger représentent chacun une motion. - Alain Jocard, Joël Saget, Lionel Bonaventure - AFP; Mathieu Delmestre - Flicker - cc

Première étape du congrès du PS, les militants socialistes votent jeudi en France pour déterminer l'orientation politique du parti pour les mois à venir, avec en ligne de mire la présidentielle 2017. Concrètement, les militants doivent choisir entre quatre motions. Explications.

Motion: le mot est à la bouche de tous les socialistes cette semaine. Jeudi, les militants actifs du parti doivent voter entre quatre textes programmatiques, les motions, dans chacune des quelque 3.200 sections socialistes en France.

Le jeudi suivant, ils devront se prononcer sur le premier signataire des deux motions arrivées en tête le 21 mai. Le vainqueur deviendra alors le premier secrétaire du parti. Un poste que Jean-Christophe Cambadélis, candidat sortant qui représente la motion A, entend bien remporter de nouveau.

Le congrès du parti, à Poitiers du 5 au 7 juin, viendra entériner les deux votes du mois de mai et permettra de procéder aux votes dans les instances nationales (conseil national, le parlement du parti). Les socialistes définiront également l'orientation du parti en fonction de la motion gagnante. Quels sont les enjeux? Que propose chaque motion? BFMTV.com fait le point.

> Qui représentent les quatre motions?

La motion A, "Le Renouveau socialiste", est représentée par Jean-Christophe Cambadélis. Elle est soutenue et signée par Manuel Valls, la quasi-totalité du gouvernement, et certains cadres comme Martine Aubry.

La motion B, "A gauche pour gagner", est celle des frondeurs et de l'aile gauche. Le premier signataire en est le député Christian Paul. Il compte derrière lui les ex-ministres Benoît Hamon et Aurélie Filippetti.

La motion C, "Osons un nouveau pacte citoyen et républicain", autoproclamée comme venant de "militants" de terrain, est emmenée par une secrétaire nationale du parti, Florence Augier.

La motion D, "La Fabrique", dite "non alignée", est animée par la députée Karine Berger, et a le soutien de l'ex-ministre Dominique Bertinotti.

> Quels sont leurs points communs?

Toutes les motions défendent la préoccupation des valeurs républicaines, d'un "éco-socialisme", de la transition écologique et de tout ce qui concourt à "l'égalité réelle" sur l'école, les soins, le logement, l'emploi, etc. Toutes réclament une réforme fiscale et sont par ailleurs favorables au rassemblement avec la gauche et les écologistes. Les motions abordent également la question du droit de vote des étrangers, exigeant sa mise en place ou au moins une campagne d'opinion.

> En quoi diffèrent-elles?

La motion A veut "prolonger" ce qui a été fait depuis 2012, sans remettre en cause la politique du gouvernement. Elle propose toutefois quelques corrections, comme sur les 15 milliards du pacte de responsabilité. La motion D soutient aussi le gouvernement, mais souhaite que les aides publiques aux entreprises "soient soumises à des contreparties en terme d'emploi".

La motion B est beaucoup moins complaisante à l'égard du gouvernement. Elle dénonce ses "changements de ligne" et réclame de "tout faire pour repositionner" les choix économiques du PS. Elle propose ainsi des mesures de "pouvoir d'achat": augmentation du Smic, "dégel du point d'indice des fonctionnaires", "amélioration de l'indemnisation chômage". La motion C énumère aussi des mesures sociales, comme la mise en place d'un revenu minimum universel, sans condition. 

> Quels sont les enjeux politiques?

L'exécutif mise beaucoup sur une victoire de la motion A afin de revendiquer, dès vendredi, un PS uni qui légitime ses choix politiques, à moins de deux ans de la présidentielle. "Pour qu'il y ait de la cohérence entre l'action du président de la République et du gouvernement d'une part, et celle de la principale formation de la majorité", a plaidé Manuel Valls lundi.

S'il y a un mois, dans les couloirs du PS, on tablait sur 57-58% pour la motion "Camba", ce dernier tempérait récemment, jugeant que "50,1%", ce serait "satisfaisant", même si "une majorité absolue, c'est mieux".

En face, les trois autres motions ambitionnent de réunir plus de 50% à elles trois. Les frondeurs et l'aile gauche à la tête de la motion B revendiquent d'être les seuls défenseurs du programme du candidat Hollande de 2012. "Je pense qu'on peut l'emporter, je pense que le changement de majorité à la tête du PS est possible", a estimé mardi Benoît Hamon. Jean-Luc Mélenchon, le leader du Parti de Gauche, leur a d'ailleurs apporté son soutien, voyant en eux "une motion de censure socialiste contre le gouvernement Valls".

Verdict jeudi dans la nuit de jeudi à vendredi puisque les bureaux de votes ne fermeront qu'à 22 heures.

Alexandra Gonzalez, avec AFP