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Arnaud Montebourg à Princeton: le show made in France

Arnaud Montebourg a donné une conférence à Princeton lundi 23 février.

Arnaud Montebourg a donné une conférence à Princeton lundi 23 février. - Kena Betancur - AFP

L'ancien ministre de l'Economie et du Redressement productif a donné lundi une première conférence à l'université de Princeton, aux Etats-Unis. Et en a profité pour critiquer à nouveau l'austérité et de prendre ses distances avec la loi Macron.

Quelques jours après l'incident dans un restaurant de New York qui lui a valu une courte hospitalisation, Arnaud Montebourg est de nouveau sur pied. L'ancien ministre de l'Economie a pu, comme prévu, donner une conférence lundi devant une centaine d'étudiants de la prestigieuse université de Princeton

Le thème de la conférence: les réponses européenne et américaine à la crise économique et financière. Devant un amphithéâtre plein, l'ancien ministre s'exprime dans un anglais "fluent". Et doit vite affronter les questions parfois directes des étudiants, qui lui demandent par exemple s'il aurait voté la loi sur la croissance d'Emmanuel Macron.

"La loi Macron n'est pas ma loi"

"Je ne sais pas ce que j'aurais fait parce que je ne suis plus député", répond Arnaud Montebourg, qui en profite pour clarifier les choses. "Certains ont dit que j'avais préparé cette loi. Oui, je l'ai préparée mais je ne suis pas allé jusqu'au bout. Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas ma loi: c'est un projet de loi différent de celui que j'avais en tête".

Une façon de répondre aux rumeurs rapportant une saillie de l'ancien ministre concernant son successeur: "J'aurais fait comme Macron. D'ailleurs, son texte est le mien", aurait-il lancé selon Le Parisien. Remarque démentie plus tard par Arnaud Montebourg sur Twitter. "Je suis assez surpris qu'on me fasse parler en mon absence. Cette loi Macron n'est assurément pas la mienne", avait-il écrit.

Montebourg appelle à "changer de politique"

Et pour cause: pour l'ancien ministre, la loi Macron n'est pas assez courageuse. Pour tenter de convaincre les étudiants, il s'appuie sur les théoriciens américains qui critiquent l'austérité en Europe et appellent à l'abandonner. Façon de se rappeler encore au bon souvenir de l'exécutif: "Je ne peux que m'associer à ces remarques en lançant moi aussi un appel, et en disant au président et au Premier ministre qu'il faut changer de politique parce que l'actuelle ne marche pas, et nous risquons d'arriver à la fin du quinquennat avec 800.000 chômeurs de plus", lance l'ex-ministre devant les journalistes français. Pas sûr toutefois que le "show Montebourg" puisse convaincre François Hollande et Manuel Valls.

A. K. avec Jean-Bernard Cadier