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Valls vivement critiqué: "Je vais vous rassurer, je reste et je continuerai"

Manuel Valls a tenu à répondre mardi "à tous les groupes".

Manuel Valls a tenu à répondre mardi "à tous les groupes". - BFMTV

Pour son premier anniversaire à Matignon et après la défaite aux départementales, Manuel Valls a tenté de défendre sa politique et son mandat, mardi à l'Assemblée. La place des écologistes est "pleinement au gouvernement", a-t-il réaffirmé, alors que les tractations avec EELV vont bon train. "Je reste et je continuerai", a encore lancé le Premier ministre lancé à l'UMP.

Deux jours après "la grosses fessée" des élections départementales et un an jour pour jour après son arrivée à Matignon, Manuel Valls a été chahuté mardi à l'Assemblée nationale.

Les écologistes, l'UDI et l'UMP l'ont interpellé sur cet échec.

"Nul ne peut demeurer inerte et en premier lieu l'exécutif"

C'est la chef de file des députées EELV, Barbara Pompili, qui a ouvert le bal. "Nul ne peut demeurer inerte et en premier lieu l'exécutif", a-t-elle lancé au Premier ministre. "On ne peut pas ne rien changer. La gauche est à la merci de ses démons qui sont l'enfermement et l'entre-soi. Chacun sait que l'unité n'est pas la garantie de la réussite, mais que la désunion porte la certitude de l'échec".

Alors que les Verts sont partagés sur l'idée de réintégrer ou non le gouvernement, la députée de la Somme a ensuite demandé à Manuel Valls quelle place il donnait à l'écologie dans sa feuille de route.

"La place des écologistes, elle est là, dans la majorité", lui a répondu l'hôte de Matignon, sans toutefois donner de gage sur une politique plus verte. "Nous avons une conviction qui est que la priorité des priorités est de redresser l'économie de notre pays, soutenir la compétitivité de nos entreprises", a-t-il expliqué.

"Ce qui a justifié votre arrivée devrait justifier votre départ"

Le patron du groupe UMP à l'Assemblée nationale est revenu, lui, sur le premier anniversaire de Manuel Valls à Matignon. "Le résultat de dimanche c'est votre échec, c'est vous qui avez hystérisé la campagne", lui a lancé Christian Jacob. "Ayez l'humilité de reconnaître que c'est sur les décombres de votre politique que le FN prospère. Ayez l'humilité de reconnaître que votre bilan politique c'est une majorité en plein déliquescence, c'est une hécatombe dans les départements. Votre bilan est désastreux".

Christian Jacob conclut: "Ce qui a justifié votre arrivée à Matignon il y a un an devrait en toute logique justifier votre départ aujourd'hui".

"Je ne sais pas quel est votre programme, sinon courir derrière l'extrême droite"

"Oui, nous devons tirer les leçons des départementales. Vous, vous ne l'avez jamais fait quand vous avez perdu les élections locales. J'ai des bons souvenirs de ce qui s'est passé quand nous étions dans l'opposition", a ironisé le Premier ministre.

Mais, a poursuivi Manuel Valls, "je ne sais pas quel est votre programme, je ne sais pas quel est votre projet, sinon qu'il faut 150 milliards d'économies supplémentaires pour mettre en cause les services publics. Je ne sais pas quel est votre programme, si ce n'est pour parler d'assistanat, je ne sais pas quel est votre programme, sinon pour courir derrière l'extrême droite à travers le débat nauséabond sur les cantines scolaires". "Je reste et j'assume pleinement mes responsabilités", a asséné le Premier ministre.

Un mois après avoir fait sortir Manuel Valls de ses gonds, Gérald Darmanin est revenu à la charge. "Vous avez fait de la bataille contre le FN un combat personnel et moral. Le FN, malheureusement, n'a jamais été aussi haut dans notre pays. C'est un triste bilan. [...] On ne combat pas la désespérance des Français avec des cours de morale ou des coups de menton", a lancé le jeune maire UMP de Tourcoing à l'égard du Premier ministre.

Tout en gardant son calme, Manuel Valls a répondu que la montée du FN ne datait pas de son arrivée à Matignon mais qu'entre 2007 et 2012, le FN était passé de "10 à un peu plus de 18%".