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Réforme ferroviaire: le débat débute à l'Assemblée

L'Assemblée nationale va discuter de la réforme ferroviaire dès ce mardi.

L'Assemblée nationale va discuter de la réforme ferroviaire dès ce mardi. - -

Malgré la grève dure entamée depuis sept jours par les cheminots en colère, les députés vont débattre à partir de ce mardi de la réforme du rail, qui vise à stabiliser la dette du secteur ferroviaire.

Les grévistes de la SNCF n'auront pas réussi à faire reporter l'examen du texte de loi. Ce mardi, les députés vont se pencher sur la réforme ferroviaire, le Premier ministre ayant exclu tout report. "Il y a nécessité d'une grande réforme, elle est attendue par la SNCF et par les cheminots eux-mêmes. Elle est indispensable", avait expliqué lundi Manuel Valls.

La réforme ferroviaire vise à stabiliser la dette du secteur ferroviaire, qui s'élève à 44 milliards d'euros, et à préparer son ouverture totale à la concurrence. Pour cela, elle prévoit de créer un pôle pour regrouper les gestionnaires d'infrastructures (Réseau ferré de France et une branche de la SNCF). Cette entité, d'une part, et la SNCF, d'autre part, seront coiffées par une société mère.

"Le texte est déposé depuis deux mois à l'Assemblée nationale pour être discuté, et il le sera", a martelé lundi Michel Sapin, ministre des Finances, rappelant que des "améliorations" pouvaient encore être apportées lors du débat parlementaire, via des amendements. Dimanche, Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, a d'ailleurs appelé l'opposition à soutenir le gouvernement sur ce texte. "Faisons cette réforme qui est un petit recul, mais moins pire que celui que veulent la CGT et Sud!", a lancé le candidat à la présidence de l'UMP.

Pourquoi les cheminots font grève

Ce projet préoccupe néanmoins fortement les syndicats de la SNCF, qui ont entamé mardi leur 7e jour consécutif de grève. Ils ne se satisfont pas de cette structure à venir, dont ils craignent qu'elle n'ouvre la voie à un éclatement du système ferroviaire. A contrario, ils réclament une véritable fusion au sein de la SNCF. Une possibilité que Bruxelles écarterait de toute façon puisque l'exécutif européen demande la séparation stricte entre transporteur ferroviaire et gestionnaire de réseau.

De plus, les syndicats craignent "la casse des conditions sociales des cheminots". Pourtant, le gouvernement s'est voulu rassurant sur ce point. Si la réforme ferroviaire "entraînera une refondation du pacte social", le statut de cheminots devra être préservé dans le cadre d'un socle social. Le gouvernement assure que celui-ci ne sera pas établi "sans l'adhésion des salariés".

Enfin, les cheminots estiment que la réforme ferroviaire ne permet pas de régler le problème de la lourde dette de RFF, ce qui est censé être son but premier. A leur crédit, il est vrai que la complexité du projet rend peu lisible les éventuelles économies.

A. G. avec Julien Marion