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Rebsamen sur le cumul: "je proposerai un amendement pour les sénateurs"

Le président du groupe PS au Sénat François Rebsamen, le 23 avril 2013 sur BFMTV

Le président du groupe PS au Sénat François Rebsamen, le 23 avril 2013 sur BFMTV - -

Le président du groupe PS au Sénat était l'invité de BFMTV, mardi matin. Il est revenu sur l'impopularité record de François Hollande et a de nouveau plaidé pour le maintien du cumul des mandats pour les sénateurs.

Habitué au franc-parler, le sénateur PS François Rebsamen a de nouveau pris ses distances avec certaines mesures du projet de loi de la moralisation de la vie politique décidé par François Hollande et présenté mercredi en Conseil des ministres. Notamment sur la question de la publication du patrimoine des élus.

"Je n'aime pas ce voyeurisme, il y a ce que les Français doivent savoir, et qui doit être contrôlé. Mais après, savoir que tel député a 5.000 euros sur son compte, je ne vois pas l'intérêt", a-t-il plaidé mardi matin sur BFMTV, lui qui a pourtant déjà publié son patrimoine.

Cumul: "Je proposerai un amendement pour les sénateurs"

Autre point de désaccord avec le projet de loi: la fin du cumul des mandats pour les parlementaires. "Il faut le limiter en fonction des conflits d'intérêts, ça oui. J'ai vu que ça avait porté ses fruits. Monsieur Copé a déjà commencé à réfléchir", a-t-il souligné en référence à l'annonce faite lundi par Jean-François Copé qu'il "cessait ses activités d'avocat".

Mais cette disposition ne devrait pas, selon le président du groupe PS au Sénat, concerner les sénateurs. "Je maintiens que les sénateurs apportent quelque chose dans la réflexion parlementaire grâce à leur mandat local", a-t-il réaffirmé, défendant de nouveau le cumul des mandats pour ses confrères de la Chambre haute. Bien qu'opposé au projet de loi, François Rebsamen n'ira toutefois pas au clash. "Je ne voterai pas contre cette mesure mais je proposerai un amendement pour les sénateurs", a-t-il annoncé.

"Il n'y a pas de raison d'être fier de ce que fait l'Allemagne"

François Rebsamen est également lonuement revenu sur la situation économique et la politique menée par la France en la matière. Interrogé sur l'impopularité record de François Hollande, François Rebsamen a tempéré la courbe des sondages, toujours plus défavorables au chef de l'Etat. " "A crise exceptionnelle, situation exceptionnelle dans les sondages. Ce n'est pas la personnalité de Hollande qui est visée, c'est la crise économique", a soutenu ce proche de François Hollande.

Si la crise économique sanctionne la politique d'austérité menée par le gouvernement, François Rebsamen estime toutefois que cette dernière mériterait d'être assouplie. "La direction est là, mais la voie est étroite. Trop d'austérité casse la croissance. S'il faut assouplir, il faut le faire avec pragmatisme et l'expliquer mieux", a fait valoir François Rebsamen, estimant par exemple que "si l'objectif de déficit ne sera pas pour 2017, il faut dire que ce sera 2018".

Mais si François Rebsamen est optimiste sur un retour futur de la croissance en Europe, le sénateur concède qu'elle "ne reviendra pas toute seule en France". "L'Allemagne et l'Europe doivent y contribuer. Nous, nous sommes prêts", a encore estimé le sénateur maire de Dijon. Et de lancer une pique à l'Allemagne d'Angela Merkel. "Elle a appauvri ses travailleurs. Il n'y a pas de raison d'être fier de ce qu'elle fait", a-t-il tranché, appelant l'Allemagne à plus de solidarité avec le reste de l'Europe.

Rebsamen ne "conseillerait plus" à Ayrault de virer un ministre

Enfin, François Rebsamen est revenu sur le fameux "conseil" qu'il avait donné le mois dernier à Jean-Marc Ayrault, lui demandant de "virer un ministre" pour l'exemple. "Je ne le ferais plus, ça va beaucoup mieux maintenant", a-t-il affirmé mardi matin. Quand à un remaniement, François Rebsamen y est favorable, mais pas dans l'immédiat. "Pas à chaud. Peut-être faudra-t-il un jour trouver plus de cohérence sur certains ministères, en les regroupant", a-t-il souligné, estimant qu'il y avait "trop de ministères".

Sandrine Cochard