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L'Assemblée adopte définitivement le mariage homosexuel

La loi a été adoptée par 331 voix pour et 225 voix contre.

La loi a été adoptée par 331 voix pour et 225 voix contre. - -

Après des mois de débat passionné à l'Assemblée nationale et au Sénat, des mois de manifestations et de dérapages homophobes, le projet de loi sur le mariage homosexuel vient d'être adopté.

La France est devenue, mardi 23 avril, le 14e pays à autoriser le mariage homosexuel. Le Parlement a adopté, après une tentative d'opposants dans les tribunes de perturber le vote, le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de mêmes sexes.

Le texte a été voté par 331 voix pour, 225 contre et 10 abstentions dans un hémicycle comble, où les députés de gauche ont scandé "égalité, égalité", en applaudissant debout le résultat du scrutin. Juste avant le vote, deux opposants au texte avaient tenté depuis les tribunes du public de déployer une banderole avant d'être évacués.

Cette loi a été votée dans un climat particulièrement tendu, et les pro et les anti mariage homosexuel ont prévu de manifester de nouveau à Paris mardi. Les anti-mariage gay se retrouveront à partir de 19 heures à Sèvres-Babylone, pour se rendre près de l'Assemblée nationale. De leur côté, les "pro", appellent aussi à un rassemblement à partir de 17 heures près de l'Assemblée.

>> La carte du monde du mariage homo:

(Marc Robert - 01Net)

Dérapages verbaux et empoignades

Depuis des semaines, de nombreuses manifestations dans toute la France, menées par le collectif Manif pour tous, ont mobilisé les opposants au projet de loi.

Les débats dans l'Hémicycle ont, eux aussi, été émaillés de dérapages verbaux et même, fait rarissime, d'empoignades entre députés surchauffés. La garde des Sceaux, Christiane Taubira, qui a porté de bout en bout le projet, s'est déclarée "très inquiète de l'ambiance générale".

La droite espère toujours que le gouvernement renoncera finalement à sa réforme. La plupart de ses responsables clament qu'elle reviendra de toute façon sur ce texte en cas d'alternance. Et dans l'immédiat, les parlementaires UMP ont d'ores et déjà préparé un recours devant le Conseil constitutionnel.

Première lecture

Lors de la première lecture, le 12 février dernier, seuls quatre députés du groupe socialiste avaient voté contre et un seul au Front de gauche, écologistes et radicaux de gauche ayant été unanimes sur le sujet.

Dans l'opposition, en février, seuls Benoist Apparu et Franck Riester avaient, à l'UMP, approuvé la réforme, tout comme 4 députés de l'UDI, dont Jean-Louis Borloo, leur chef de file, et Jean-Christophe Lagarde, leur porte-parole.

A droite comme au centre, ils avaient été en revanche assez nombreux à s'abstenir, notamment Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire et Pierre Lellouche.

M.R.