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Des députés suggèrent de taxer les produits trop salés

Après la taxe soda, un groupe de députés veut s'attaquer aux produits alimentaires trop salés en visant les industriels qui les fabriquent. Objectif: réduire la quantité de sel ingérée chaque jour par les Français qui dépasse de 60% la quantité recommandée.

Dans les plats préparés, dans le pain des boulangers... Le sel est partout dans notre alimentation Et dans des quantités souvent beaucoup trop importantes. Aujourd'hui, nous en consommons en moyenne 8 grammes par jour en France, quand l'Organisation mondiale de la Santé recommande une consommation de 5 grammes par jour.

Un groupe d'une vingtaine de députés, membres de la commission d'enquête sur l'alimentation industrielle, veut s'attaquer a ce problème sanitaire: dans leur rapport, qui sera rendu fin septembre, ils préconisent d'instaurer une taxe sur les aliments les plus salés pour inciter les fabricants à réduire les taux contenus dans leurs produits, indique Le Figaro.

"Le consommateur n'a pas le choix: l'essentiel du sel qu'il absorbe se trouve dans les plats cuisinés dont la consommation a explosé ces dernières années", dénonce la rapporteuse de la commission, la députée LaREM de l'Yonne Michèle Crouzet.

Des avancées jugées insuffisantes

En 2010, 19 grandes entreprises dont Fleury-Michon ou encore Maggi et Findus, se sont engagées dans une charte à réduire la quantité de sel dans leurs produits. Le 4 mai 2015, un nouvel accord a été signé par les industriels de la charcuterie au ministère de l'Agriculture, dans lequel ces derniers s'engageaient à réduire de 5% les taux moyens de sel et de gras dans douze nouveaux produits de charcuterie. 

Des avancées insuffisantes, pour les députés. Quant aux mesures comme le Nutriscore par exemple, elles restent incitatives -et facultatives pour les industriels. Les élus suggèrent donc de passer par la contrainte: "Rien ne justifie les doses que l'on trouve dans beaucoup de plats", relève Michèle Crouzet.

Concrètement, la mesure n'est pas encore tout à fait définie. Mais elle pourrait prendre exemple sur la taxe soda: entrée en vigueur en 2013, elle a été modifiée en 2017 pour taxer selon la proportion de sucre dans les boissons. Reste à voir comment les professionnels de l'industrie agro-alimentaire vont réagir.

A. K.