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Antiterrorisme: Valls prend la défense de Taubira devant les députés

Défendant Christiane Taubira, Manuel Valls a accusé l'UMP de "mensonge à des fins politiques" .

Défendant Christiane Taubira, Manuel Valls a accusé l'UMP de "mensonge à des fins politiques" . - Patrick Kovarik - AFP

Manuel Valls a pris mercredi la défense de la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, face à un député UMP qui la mettait en cause lors d'un débat sur l'antiterrorisme et expliqué que ce n'était pas "le rôle du Parlement d'affaiblir la garde des Sceaux".

C'est devenu un gimmick lors des questions au gouvernement. Depuis plusieurs semaines, les députés UMP se relaient à l'Assemblée nationale pour demander la démission de Christiane Taubira. Les standing ovation de la gauche et coups de menton du gouvernement ne suffisent pas. Manuel Valls a dû prendre mercredi la défense de la Garde des Sceaux.

En effet, c'est cette fois le député UMP Guillaume Larrivé qui la mettait en cause lors d'un débat sur l'antiterrorisme. "Est-ce que madame Taubira a encore sa place au sein de ce gouvernement ?", a-t-il demandé après une longue critique à son encontre.

"Ce gouvernement, avec le soutien de la représentation nationale je n'en doute pas un seul instant, fait tout et fera tout pour lutter contre le terrorisme, le djihadisme et l'islamisme radical et nous le faisons avec les armes du droit, la force de la République", a dit Manuel Valls.

"Comme chef du gouvernement, je suis fier de compter sur deux ministres sur ces questions-là, Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira", a-t-il lancé lors d'une séance de question consacrée à la lutte antiterroriste, à la veille d'un conseil européen à Bruxelles sur ce sujet.

Tellement facile d'opposer l'action de la police et l'action de la justice

"Vous ne m'entraînerez jamais dans ce vieux débat, je l'ai connu aussi comme ministre de l'Intérieur, c'est tellement facile d'opposer l'action de la police, de la gendarmerie, et l'action de la justice", a-t-il ajouté, alors qu'il s'était affronté à la ministre de la Justice à l'été 2013 lors de la préparation de la réforme pénale."A chaque fois M. Larrivé, vous ou vos amis, vous essayez d'affaiblir la garde des Sceaux, le ministère de la Justice qui joue un rôle essentiel", a-t-il dit. "Ce n'est pas le rôle du Parlement d'affaiblir la justice et la garde des Sceaux", a-t-il insisté. 

"Vous tirez la corde"

"Plus sur ces sujets là vous tirez la corde et plus vous allez connaître les déconvenues que vous avez connus il y a une semaine dans le Doubs", a-t-il ajouté en référence à la législative partielle du Doubs.

"Quand vous critiquez, regardez jusqu'au bout", a-t-il lancé à l'adresse du député, ex-conseiller de Brice Hortefeux lorsque celui-ci était à l'Intérieur. "Il faut être rigoureux", a-t-il ajouté. "Un des assassins (Amédy Coulibaly, ndlr) était placé sous bracelet électronique de fin de peine en mars 2014, la réforme pénale n'était même pas discutée à l'époque, c'était la loi pénitentiaire de 2009 qui était en application."

Des appels récurrents depuis sa nomination 

La Garde des Sceaux est dans le viseur de la droite depuis sa nomination au gouvernement. La loi sur le mariage homosexuel, une Marseillaise non chantée et les écoutes téléphoniques visant Nicolas Sarkozy lui avaient déjà valu des appels à la démission. Son supposé "laxisme" a été pointé du doigt à maintes reprises par les opposants à sa réforme pénitentiaire.

Et depuis les attentats, des députés UMP, mais aussi Alain Juppé et même Nicolas Dupont-Aignan s'en prennent à la Garde des Sceaux. Elle peut visiblement encore compter sur le Premier ministre mais aussi les députés socialistes qui lui avaient offert une standing ovation fin janvier lors des premiers appels à la démission de l'année.

Mercredi, des députés écologistes et socialiste ont également déploré sur Twitter cette nouvelle attaque.

Karine Lambin