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Affaire Benalla: qui est Guillaume Larrivé co-rapporteur de la commission d'enquête?

Le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé, le 11 juillet 2017 au siège des Républicains à Paris.

Le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé, le 11 juillet 2017 au siège des Républicains à Paris. - Bertrand Guay - AFP

Le député LR incarne l'opposition à la tête de la commission d'enquête de l'Assemblée, au côté de la présidente et co-rapporteure LaREM Yaël Braun-Pivet.

Il est de ceux qui mènent le bal des auditions pour faire la lumière sur l'affaire Benalla Guillaume Larrivé, député Les Républicains de la 1ère circonscription de l'Yonne et membre de la Commission des Lois, est co-rapporteur de la commission d'enquête parlementaire formée la semaine dernière en urgence.

Ancien conseiller juridique de Nicolas Sarkozy, puis directeur adjoint du cabinet de Brice Hortefeux au sein de plusieurs ministères et enfin député depuis 2012: l'avocat est un habitué de la vie politique comme parlementaire. 

L'élu de droite a notamment été de ceux qui, dès jeudi soir dernier, réclamaient la publicité des débats contre l'avis de la majorité. Il y a trouvé un allié inattendu en la personne du député France insoumise Ugo Bernalicis, qui l'a également soutenu sur Twitter lorsque Christophe Castaner a déclaré sur notre antenne que Guillaume Larrivé voulait "un procès politique", n'ayant "pas demandé à auditionner le collaborateur mis en examen".

Ce à quoi le co-rapporteur a répondu: "J'ai officiellement demandé dès samedi, devant la commission des lois et par une note écrite, s'agissant du parti En marche que vous dirigez, la convocation notamment de votre collaborateur M. Crase et de vous-même".

Des propos qu'Ugo Bernalicis a dit "corrobore(r) mille fois (...) en dépit de (leurs) profonds désaccords politiques". "En l'espèce il s'agit d'ordre républicain et non plus de clivage partisan", a-t-il ajouté.

Un duo LaREM-LR à la tête de la commission

Lors des auditions, Guillaume Larrivé officie au côté de la présidente de la Commission des Lois Yaël Braun-Pivet, élue La République en marche. Les désaccords entre les deux co-rapporteurs se sont parfois immiscés dans les séances, comme avant l'audition du directeur du cabinet du Président Patrick Strzoda mardi.

Alors que le député LR Philippe Gosselin, par ailleurs vice-président de la Commission des Lois, critiquait une "avancée à la petite semaine" car les députés n'avaient "toujours pas la liste de ceux (qu'ils allaient) entendre", Guillaume Larrivé a critiqué la méthode en place.

"Il me paraîtrait nécessaire en termes de méthode qu'une réunion de la commission puisse se tenir, de sorte que ces questions de convocation ne soient pas traitées devant les personnes que nous entendons mais de manière formelle", notamment "afin de faire état publiquement des désaccords des deux co-rapporteurs sur la liste des auditions", a-t-il suggéré, ce que la présidente a "pris en note".

Mercredi, les deux députés se sont à nouveau vivement querellés sur cette liste de personnes à auditionner. Tandis que Guillaume Larrivé a rappelé avoir transmis une longue liste "extrêmement précise" d'auditions qu'il souhaitait et dénoncé une "obstruction de la part d'une majorité aux ordres de l'Elysée", Yaël Braun-Pivet a jugé ses propos "ahurissants". 

Le député LR veut "faire la lumière sur l'ensemble d'un système" et, à cet effet, entendre "toute la chaîne hiérarchique de l'Elysée". Dans un communiqué, il est revenu mardi sur la volte-face du directeur de l'ordre public Alain Gibelin. Il avait affirmé lundi lors de son audition, en réponse à Marine Le Pen (RN), qu'Alexandre Benalla avait assisté à des réunions sécuritaires durant la période où il était censé être suspendu, entre le 2 mai et le 18 mai.

Des propos qu'il a ensuite nié dans une lettre envoyée à Yaël Braun-Pivet, lue avant l'audition de Patrick Strzoda. Guillaume Larrivé relève dans ce courrier une "contradiction manifeste" avec les propos tenus jeudi dernier par le porte-parole de l'Elysée, qui avait affirmé qu'Alexandre Benalla avait été "démis de ses fonctions en matière d'organisation de la sécurité des déplacements du Président".

Le co-rapporteur de la commission comprend dans la lettre que le proche d'Emmanuel Macron a "bien participé, à la préfecture de police, à des réunions relatives à l'organisation des déplacements présidentiels entre le 19 mai et le 18 juillet". Il réclame désormais l'audition du secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler.

Liv Audigane