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Nicolas Sarkozy sort de son silence… dommage qu’il ait parlé

Véronique Jacquier

Véronique Jacquier - -

Dans un dossier publié dans le magazine Valeurs Actuelles, Nicolas Sarkozy sort de son silence Critique de la droite, de l'intervention au Mali... dommage qu’il ait parlé.

Dommage oui. Même si à première vue Nicolas Sarkozy réussit un bon coup : instaurer une cohabitation psychologique avec François Hollande. Il fait comme Mitterrand en son temps avec Chirac et Balladur, il frappe où il faut. Et c'est saignant : critique du mariage homo, de l'intervention au Mali... Nicolas Sarkozy est inquiet pour la France. Il est donc le recours. Pas dans 3 ou 4 ans, mais maintenant. C'est ça finalement l'info à retenir de l'interview accordée à Valeurs Actuelles. « Je suis déjà le recours parce que François Hollande est nul et puis parce que personne à droite ne m'arrive à la cheville ». On se demandait mercredi où était passée l'opposition. Hé bien ça y est, on le sait. Elle est incarnée par l'ancien président. Il n'a pas quitté la scène.

C'est vrai que les électeurs de droite n'ont pas encore fait leur deuil de l'ancien président. Mais pourquoi dire alors que ce n'est pas une bonne chose qu'il sorte de son silence ?

Mais parce qu'il fait du mal à la droite. L'UMP n'avait pas besoin de voir se manifester ce fantôme si encombrant. Un fantôme qui règle ses comptes avec sa famille politique et avec un François Fillon qui se sent pousser des ailes. Le message est clair : il est au-dessus de la mêlée. Et de fait il dévalorise les compétences de ses camarades. C'est très méprisant pour tous les prétendants à la présidentielle de 2017. En plus, s'il revient dans le jeu, les attaques des socialistes vont se focaliser sur lui. Nicolas Sarkozy nous joue un vieux classique de la politique : « Je n'ai plus envie du pouvoir, mais sous la pression de mes amis, je veux bien faire un effort et revenir ». Le problème, c'est qu'il n'a plus d'amis en politique Nicolas Sarkozy. Et c'est normal. En sortant de sa réserve, il montre sa grande solitude. Dans les mois qui viennent, ce qui va être intéressant c'est d'observer comment on empêche l'ancien président de compter à droite. On est toujours trahi que par les siens.

Oui d'accord. Mais, franchement, on pouvait se douter que Nicolas Sarkozy allait sortir du bois que ça le démangeait de parler.

Mais c'est trop tôt. Il fait du mal à la droite. Il se fait du mal à lui-même. Il fallait qu'il nous montre enfin le coté lumineux de sa vie politique. Nicolas Sarkozy a une vie très remplie, il donne des conférences partout dans le monde et il songe à créer un fond pour aider les entreprises en difficulté. Moi, j'ai envie que cet homme me parle de cette vie-là ! Au lieu de cela on a droit au côté obscur de sa force. Il crie à l'injustice comme Giscard en son temps, il se plaint de la façon dont il a été traité par le juge dans l'affaire Bettencourt, de Carla qui n'a pas pu chanter pendant cinq ans... C'est dur d'être un ancien président. Et Nicolas Sarkozy n'a pas le tempérament d'un Benoît XVI pour renoncer au pouvoir et se retirer dans un monastère. Mais vouloir être le sauveur de la France, ce n'est pas penser être un recours, c'est croire au miracle !

Retrouvez le Parti Pris de Véronique Jacquier du 7 mars 2013.

Véronique Jacquier