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Nicolas Dupont-Aignan veut une "primaire" à droite de la droite pour la prochaine présidentielle

Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France, à un débat en vue des élections européennes en avril 2019

Nicolas Dupont-Aignan, président du parti Debout la France, à un débat en vue des élections européennes en avril 2019 - Anne-Christine Poujoulat / AFP

Le président de Debout la France a formulé ce souhait lundi à l'occasion de ses vœux à la presse. Il voudrait ainsi rassembler des personnalités allant de Le Pen à Asselineau en passant par Philippot, mais aussi des cadres LR.

Une "grande primaire" dans le camp de la droite conservatrice, souverainiste et de l'extrême droite pour la présidentielle de 2022. C'est le souhait de Nicolas Dupont-Aignan, ancien allié de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017.

"Je lance aujourd'hui un appel à toutes les personnalités politiques de l'opposition républicaine et patriote pour organiser en 2021 une grande primaire pour la France", a déclaré le président de Debout la France lors de ses vœux à la presse.

L'ancien candidat à la présidentielle invite à cette primaire la présidente du Rassemblement national, les partisans d'une sortie de la France de l'Union européenne Florian Philippot et François Asselineau, et les Républicains qui "ne rejoindront jamais Emmanuel Macron", tels que les députés LR Julien Aubert et Guillaume Larrivé et le patron du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau.

Main tendue à Maréchal, Zemmour, Polony

Il y convie aussi des personnalités de la société civile comme le polémiste Éric Zemmour, proche de l'ancienne députée FN (devenu RN) Marion Maréchal, le général Pierre de Villiers, ancien chef d'état-major, et la journaliste Natacha Polony.

"Refuser une telle démarche reviendrait à diviser les républicains et les patriotes. (...) Faisons bloc pour gagner contre Emmanuel Macron", a insisté Nicolas Dupont-Aignan, qui avait réuni 4,7% des voix au premier tour en 2017 avant de se rallier à Marine Le Pen, vantant une primaire "pour garantir l'union dès le premier tour et éviter la dispersion des voix".
"Personne ne pourra gagner seul", a martelé le député de l'Essonne, pour qui "la seule répétition du duel de 2017" entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron "ne ferait que favoriser la réélection" de ce dernier.

L'initiative de Nicolas Dupont-Aignan a été saluée par Florian Philippot, président de Les Patriotes. "Je soutiens cette initiative intéressante pour permettre un vrai changement face à Macron! Elle serait l'occasion par ailleurs d'un vrai débat utile entre souverainistes. La France a besoin de rassemblement", a-t-il écrit sur Twitter.

Une annonce après la candidature de Marine Le Pen

Opposé d'habitude au principe d'une primaire, Nicolas Dupont-Aignan a expliqué avoir "changé d'avis" après avoir constaté en 2017 "que les premiers tours n'existaient plus". "Il faut s'appuyer sur le peuple et la primaire permet de s'appuyer sur le peuple."

Debout la France, qui prévoyait d'annoncer cette primaire en avril, a anticipé son lancement pour ne "pas laisser s'installer un kidnapping de la présidentielle", a fait valoir l'ancien candidat aux présidentielles de 2012 et 2017.

Marine Le Pen a confirmé jeudi sa candidature pour 2022, qui doit encore être validée par le congrès de son parti l'an prochain.

Nicolas Dupont-Aignan n'a pas souhaité "entrer dans un dialogue polémique avec Marine Le Pen ou (entamer) la confiance mutuelle qui peut exister" entre eux, mais prévenu qu'il ne voulait pas non plus "de précipitation".

"Pas de réflexe pavlovien 'je suis candidat, je suis candidat'. Prenons le temps d'ouvrir les esprits, de confronter les idées", "il faut ouvrir les fenêtres sinon ça va sentir le renfermé", a-t-il dit.
C.M avec AFP