BFMTV

"Ne tuez pas l'Alsace": les UMP alsaciens manifestent à l'Assemblée

Les députés UMP alsaciens ont brièvement déployé mercredi après-midi dans l'enceinte de l'Assemblée une banderole pour protester contre la création de la grande région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine

Les députés UMP alsaciens ont brièvement déployé mercredi après-midi dans l'enceinte de l'Assemblée une banderole pour protester contre la création de la grande région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine - BFMTV

Les 13 députés alsaciens de l'opposition (sur 15) ont vigoureusement protesté, mercredi, contre la fusion de leur région avec la Champagne-Ardenne et la Lorraine au sein d'une carte de 13 nouvelles régions qui devrait être adoptée dans la soirée par l'Assemblée en seconde lecture.

Les députés UMP alsaciens ont brièvement déployé mercredi après-midi dans l'enceinte de l'Assemblée nationale une banderole pour protester contre la création de la grande région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, avant d'être évacués par les agents. Une dizaine d'entre eux sont arrivés dans la salle des Quatre-Colonnes, réservée aux interviews des députés, avec une banderole "Ne tuez pas l'Alsace", ce qui est contraire, sinon au règlement, du moins aux usages.

"On veut détruire une région, nous ne lâcherons pas", ont souligné ces députés alsaciens UMP, parmi lesquels Laurent Furst, Patrick Hetzel ou Eric Straumann. Finissant par céder aux agents de l'Assemblée, les députés ont alors tenté de déployer leur banderole dans les jardins de l'Assemblée, ce qui leur a été aussi refusé. Ils ont fini par quitter les lieux pour déployer leur banderole à l'extérieur du Palais-Bourbon.

Histoire (douloureuse) et géographie

Les 13 députés alsaciens de l'opposition (sur 15) protestent vigoureusement depuis mardi soir contre la fusion de leur région avec Champagne-Ardenne et Lorraine au sein d'une carte de 13 nouvelles régions qui devrait être adoptée mercredi soir par l'Assemblée en seconde lecture.

Ils invoquent notamment la géographie ("la nouvelle région serait plus grande que la Belgique"), "l'histoire douloureuse" de l'Alsace, ou l'identité alsacienne avec le risque d'une montée de l'extrême droite aux prochaines élections départementales de mars 2015.

"Effacer une partie de la mémoire de notre pays"

"Les Alsaciens se souviendront que c'est un gouvernement de gauche qui a fait disparaître leur région", avait déjà lancé Laurent Furst mardi soir dans l'hémicycle. "Rayer l'Alsace de la carte des régions françaises, quel que soit le vocabulaire employé, c'est effacer une partie de la mémoire de notre pays", avait ajouté son collègue André Schneider.

Un député UMP Antoine Herth avait même provoqué un incident en contractant le nom de la nouvelle région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine en "Arschloch" (ou "trou du cul" en allemand et en alsacien).

Cela leur avait valu une réplique cinglante des deux PS de la région, Philippe Bies et Armand Jung, se disant "outrés" par de tels propos. "Votre attitude continue d'alimenter un sentiment identitaire", ont-ils répondu.

"Je suis convaincu que l'Alsace ne perdra pas son âme et sa force dans une région plus vaste", avait rétorqué le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

S.A. avec AFP