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Municipales: au pouvoir depuis plus de 60 ans, le Parti communiste menacé à Choisy-le-Roi

Depuis 61 ans, Choisy-le-Roi n'a connu que des maires communistes. Mais pour le second tour des élections municipales, le 28 juin prochain, Didier Guillaume est menacé par la droite et la République en marche.

À l'image de plusieurs autres villes de la banlieue rouge de Paris, la municipalité communiste de Choisy-le-Roi est menacée à l'approche du second tour des élections municipales. Depuis 61 ans - mars 1959, précisémment -, la commune du Val-de-Marne n'a connu que quatre maires, tous issus du Parti communiste français.

Mais le 28 juin, les communistes, arrivés deuxièmes au premier tour, pourraient bel et bien être battus dans ce fief historique de la ceinture rouge. Dans la ville, certains habitants interrogés par BFM Paris souhaiteraient en effet tourner la page du PCF, aujourd'hui représenté par le maire Didier Guillaume. "C'est un peu trop, il faut changer", juge une habitante.

"Je pense que les gens, comme pour l'élection présidentielle il y a trois ans, ont besoin de changement", ajoute un autre Choisyen. "Ils ne sont pas forcément de droite ceux qui vont voter à droite, mais ils veulent changer d'équipe dirigeante."

"Les villes se sont diversifiées, elles se sont dégradées"

Toujours en lice dans la course pour l'Hôtel de Ville le 28 juin prochain, Nathalie Lemoine, tête de liste La République en Marche, estime que la population de Choisy-le-Roi a changé depuis plusieurs années. Une transformation qui, selon elle, se traduit par un essouflement du communisme sur la commune.

"On était sur des villes qui se sont construites autour du monde ouvrier. Les villes se sont diversifiées en termes d'habitants et surtout, elles se sont dégradées. C'est un peu la problématique que l'on rencontre à Choisy-le-Roi", juge la candidate arrivée quatrième au premier tour des municipales.

Un avis partagé par le candidat de la droite, Tonino Panetta, arrivée en tête du scrutin le 15 mars dernier:

"Pendant 60 ans, petit à petit, il y a eu une dégradation dans notre ville. Si vous vous déplacez, sur l'esplanade, vous verrez les stigmates de la politique du maire", déclare la tête de liste de la droite.

"Les dotations de l'État ont baissé, on a des choix à faire"

Didier Guillaume, maire sortant de Choisy-le-Roi et candidat à sa réelection, se défend quant à lui de ne pouvoir faire plus pour sa commune, faute de moyens.

"C'est plus la même chose parce que les dotations de l'État ont baissé, on a des choix à faire. Mais ces choix restent forts: c'est avant tout un service à la population, la défense du service public, pour faire en sorte que tout le monde puisse vivre dignement", explique-t-il à BFM Paris.

Au premier tour, Didier Guillaume n'a obtenu que 29,5% des voix, derrière Tonino Panetta (33%). Ali Id Elouali, candidat Europe Ecologie Les Verts, est arrivé en troisième position avec 15,5% des suffrages exprimés, devant Nathalie Lemoine, tête de liste LaRem (10,7% des voix).

Rien n'est cependant joué à Choisy-le-Roi. Le maire communiste pourrait bénéficier du report des voix allouées au premier tour à Robin Albert (candidat de la gauche, qui a obtenu un peu moins de 10% des suffrages) et Josefa Torres, étiquetée à l'extrême-gauche, qui a récolté 1,7% des voix.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions